L’Allemagne prévoit d’allonger la courbe de ses obligations indexées
L’Allemagne renforce son marché des linkers. Le gouvernement fédéral a mandaté Commerzbank, le Crédit Agricole, Goldman Sachs, HSBC et la Société Générale pour ouvrir sa première ligne d’obligations indexées sur l’inflation européenne d’une maturité de 30 ans. L’émission, prévue dans les prochains jours, doit lui permettre de lever entre 2 et 2,5 milliards d’euros.
En cas de succès, Berlin envisage même déjà de réaliser plusieurs abondements sur cette nouvelle ligne qui permettrait d’en porter le notionnel à plus de 10 milliards d’euros. Le pays complèterait ainsi sa courbe, déjà riche de six lignes à 5 et 10 ans cumulant un volume total de 71 milliards d’euros qui représente environ 6% de celui de l’ensemble de ses obligations d’Etat cotées sur le marché secondaire.
Depuis le début de l’année, l’Allemagne a déjà émis 6 milliards d’euros d’indexées sur les 10 à 14 milliards prévus dans son programme de financement. Un montant en ligne avec celui de l’Espagne mais en dessous des 8 milliards émis par la France sur ce segment et des 14 milliards de l’Italie en incluant les «BTP Italia» (mais de 4,5 milliards sinon), selon les données de RBS. La France devrait être la plus dynamique cette année sur le marché primaire, avec 17 milliards d’euros d’émissions indexées prévues dans son programme, devant l’Italie avec 15 milliards programmés hors «BTP Italia», puis l’Allemagne et l’Espagne avec 10 milliards. En intégrant la prochaine émission à 30 ans, la maturité moyenne pondérée des titres émis cette année par Berlin atteindra 15 ans, contre 11,5 ans pour l’Espagne, 10 ans pour l’Italie et 8 ans pour la France.
Les obligations indexées n’ont pas échappé au mouvement de vente subi par le marché obligataire ces dernières semaines. Malgré le rebond de 0,3 point de l’inflation sous-jacente en zone euro à 0,9% en mai, le taux de swap inflation 5 ans dans 5 ans a reculé de 15 pb depuis le point de 1,85% atteint mi-mai et s'éloigne encore plus de sa moyenne de long terme de 2,3%. Les points morts des indexées allemandes à 10 ans ont également chuté à 1,16%, après avoir atteint 1,34% fin avril.
Les investisseurs semblent néanmoins revenir sur le marché des ETF assis sur les obligations indexées en juin. Un segment qui avait connu un retrait en mai après l’engouement record de mars et avril dans la foulée du lancement du QE de la BCE, selon les données fournies par Markit.
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