Berlin relève à 2,3 % sa perspective de croissance pour 2011. Mais l’effet d’entraînement sur ses voisins devrait rester limité
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La rédaction
Berlin continue à mettre la pression sur ses partenaires. Le gouvernement allemand a relevé sa prévision de croissance économique à 2,3% pour 2011, au lieu de 1,8% précédemment, a annoncé mercredi le ministère de l’Economie. La croissance ralentirait à 1,8% en 2012, alors que la Bundesbank prévoit, de son côté, des progressions du PIB de 2% cette année et de 1,5% l’an prochain. Ce sera moins qu’en 2010, année où la croissance a atteint 3,6%, son plus haut niveau depuis la réunification allemande, après le trou de 2009. Mais l’Allemagne devrait continuer à creuser l’écart avec ses partenaires.
Sur le plan budgétaire aussi, Berlin place la barre haut. Le déficit budgétaire devrait être ramené cette année à 2,5% du PIB, soit en dessous du niveau maximum de 3% exigé par l’Union européenne. La réduction du déficit en 2011 est «une priorité absolue», avait annoncé la chancelière Angela Merkel le 15 janvier.
Malgré ces prévisions et la publication de plusieurs indices prometteurs ce mois-ci en Allemagne, seule une faible part de la cinquantaine d'économistes interrogés par Reuters croient à un effet d’entraînement profitable aux pays de la zone euro. Ils anticipent une croissance autour de 1,5% cette année et de 1,7% l’an prochain dans la zone. En France, les experts scrutent l’évolution de la consommation, principale composante du PIB, et le consensus reste bloqué à 1,5% en 2011 en dépit des performances du voisin d’outre-Rhin (L’Agefi Hebdo du 20 janvier).
Le vrai motif d’espoir réside dans un hypothétique réveil du consommateur allemand, grand absent des dix dernières années. «La conjoncture a amené un sentiment inédit de confiance chez les Allemands qui pourrait peut-être se manifester par une accélération de la consommation, dont les pays voisins pourraient bénéficier», estimait le 13 janvier Matthieu Grouès, directeur de la gestion chez Lazard Frères Gestion.
Berlin juge que les dépenses de consommation pourraient prendre dans une certaine mesure le relais des exportations et des investissements des entreprises qui ont jusqu’ici soutenu la croissance. La consommation privée devrait progresser de 1,6% cette année selon le gouvernement contre 0,5% en 2010. Les pouvoirs publics anticipent en revanche un ralentissement de la croissance des exportations. Celle-ci devrait ressortir à 6,5% contre 14,2% en 2010.
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