L’Allemagne paie à nouveau pour emprunter de l’argent à court terme

Berlin a émis hier plus de 4 milliards d’euros à 2 ans à un rendement positif de 0,06%, une première depuis juin
Alexandre Garabedian

Dans l’univers de rendements négatifs qui caractérise la dette souveraine du cœur de la zone euro depuis plusieurs mois, l’émission allemande d’hier constitue un petit événement. L’Allemagne a placé pour 4,08 milliards d’euros d’emprunts d’Etat à 2 ans, à un rendement de 0,06%. C’est la première fois depuis le début de l’été que la Finanzagentur émet des Schatz avec un rendement positif, même symbolique.

Les taux allemands à 2 ans, qui avaient touché zéro fin mai puis s’étaient maintenus au-dessus, sont passés dans le rouge fin juin. L’amélioration du sentiment en zone euro, avec l’annonce du plan de la BCE et le feu vert de la Cour de Karlsruhe au fonds de soutien européen, qui accroît de fait la responsabilité financière de Berlin vis-à-vis de ses partenaires, a provoqué une remontée des rendements depuis début septembre. Encouragés, les investisseurs ont répondu présent hier, avec près de 8,5 milliards d’euros de demande, soit un taux de couverture de 2,1 fois l’offre hier, contre 1,5 fois lors de la précédente adjudication, le 22 août, réalisée à taux zéro.

Les rendements réels restent cependant négatifs sur une bonne partie de la courbe, compte tenu de l’inflation, et le 2 ans allemand a interrompu son rebond depuis trois jours. En cause, le flou qui entoure une éventuelle demande d’aide financière par l’Espagne, alors que Madrid temporise pour mieux négocier les conditions d’un soutien européen. Cette incertitude a mis fin au rally observé sur les taux espagnols. Le taux à 10 ans s’est ainsi tendu de près de 50 points de base en trois séances, avant de refluer de 20 pb hier. Aujourd’hui, le Trésor espagnol espère lever jusqu’à 4,5 milliards d’euros à 3 et 10 ans, ce qui constituerait sa plus grosse adjudication depuis mars.

L’attentisme sur les marchés obligataires devrait prévaloir jusqu’à la réunion des ministres des Finances de la zone euro le 8 octobre. «D’ici là, il n’y aura pas d’impact majeur sur les taux espagnols, mais plus ils attendront ensuite, plus les spreads sont susceptibles de s’élargir encore», indique Gianlunca Ziglio, stratégiste taux d’UBS cité par Reuters. Madrid semble en être conscient: hier, le numéro deux du gouvernement a mis en avant l’intérêt d’un sauvetage, qui permettrait de réduire la charge de la dette.

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