L’Allemagne envisage de faire volte-face pour éviter un défaut grec
L’Union européenne cherche une issue à l’impasse grecque. En effet, les réformes budgétaires promises par le gouvernement et nécessaires pour obtenir une nouvelle aide de Bruxelles et du FMI sont bloquées par l’opposition qui a averti hier qu’un accord serait impossible à obtenir en cas de nouvelle hausse des impôts.
La «troïka», actuellement à Athènes, serait en cours d’élaboration d’un deuxième plan de sauvetage pour la Grèce afin de permettre le déblocage de la nouvelle tranche d’aide prévue en juin et d'éviter un défaut du pays, selon Reuters qui cite des responsables européens. Et l’Allemagne serait même prête à faire volte-face. Après avoir poussé pour que les créanciers privés de la dette grecque supportent une part de la charge du nouveau plan de sauvetage du pays, Berlin serait prêt à accorder une rallonge sans conditions à court terme sur les créanciers privés pour sortir de l’impasse, selon le Wall Street Journal. Certains responsables allemands n’abandonneraient cependant pas l’idée d’un accord global de long terme qui prévoirait un reprofilage de la dette dans quelques mois.
Quelque 30 milliards d’euros en 2012 et en 2013 seront nécessaires à la Grèce pour faire face à ses échéances. Mais dans ce contexte tendu, les volte-face politiques sont fréquentes. En effet, hier le Financial Times évoquait un plan de restructuration sans précédent qui impliquerait que les créanciers privés acceptent d’étaler le paiement des intérêts. La société de gestion GaveKal estime que «le risque est à la fois du côté des créditeurs et des débiteurs. Un changement politique radical dans l’un de ces pays pourrait mettre en péril l’ensemble du processus».
Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE, avait alerté le même jour que l’idée qu’un «reprofilage» de la dette pourrait se faire sans heurts relevait du «conte de fée». La BCE insiste sur la nécessité de mises en œuvre de réformes budgétaires drastiques pour redresser la barre des comptes publics. Et Lorenzo Bini Smaghi de préciser que «si vous regarder le bilan des comptes de la Grèce, elle n’est pas insolvable».
Le point clé est le programme de privatisation de 50 milliards d’euros dans les cinq ans à venir. Il pourrait permettre de réduire le ratio d’endettement de 160% du PIB à 135% selon les économistes. Mais la baisse du PIB de 3% cette année risque de peser sur les rentrées fiscales.
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