L’aide à Athènes ne résout guère les défis à long terme du pays, selon Moody’s
Pour Moody’s, le programme de soutien de l’Union européenne de 159 milliards d’euros et les propositions d’échange de dette de l’Institute of International Finance (IIF) se traduiront par des pertes substantielles pour les créanciers privés, que l’IIF a évaluées à plus de 20%. L’agence, comme Fitch, s’attend à une probabilité de défaut sur les emprunts d’Etat grecs «virtuellement de 100%» en raison des offres d'échange à venir. Du coup, elle a abaissé de trois crans la note du pays périphérique, de Caa1 à Ca (catégorie «extrêmement spéculatif»). Elle envisage également d’en modifier la perspective. Contrairement à S&P et Fitch, Moody’s n’a pas de catégorie «en défaut», sa plus basse note étant la note «C» («peut être en défaut»).
Plus important, Moody’s émet un jugement réservé sur les effets du plan. Bien qu’elle admette que le programme européen et l’échange de dette «augmenteront la probabilité que la Grèce soit capable de stabiliser et éventuellement de réduire le fardeau de sa dette», l’agence doute toujours de la capacité de l’économie à atteindre ses nouveaux objectifs budgétaires. «La Grèce devra encore faire face à des défis de solvabilité à moyen terme: son stock de dette demeurera bien au-dessus des 100% du PIB pendant plusieurs années», tandis que le pays «devra encore faire face à des risques d’exécution très importants» sur ses réformes budgétaires et économiques. Et alors que Fitch a fait savoir qu’elle attribuerait à la suite de l'échange de dette une note plus élevée, «vraisemblablement dans le bas de la catégorie spéculative», Moody’s ne prévoit pas quand ni dans quel sens la note grecque pourrait changer.
Si, pour l’heure, le nouveau programme d’aide de l’Europe à la Grèce rend son retour à la solvabilité plus vraisemblable à court terme, la soutenabilité de la dette hellénique à long terme reste l’un des soucis majeurs des marchés de taux au même titre que le risque d’effet domino en zone euro. La décision de Moody’s a nourri lundi l’envolée des taux grecs. Ceux à 2, 5 et 10 ans se sont tendus lundi matin de 48, 25 et 13 pb respectivement à 28,1%, 16,5% et 14,81%.
L’agence s’attend tout de même à ce que les nouvelles mesures de soutien endiguent à court terme le risque sévère d’une contagion et de surcroît diminuent le risque d’un scénario de défaut de paiement désordonné ou celui de larges décotes sur la dette grecque existante.
Plus d'articles du même thème
-
Qiddiya s'engage à investir 6 milliards d’euros en France pour développer des parcs à thèmes
La France et l’Arabie saoudite ont signé un protocole d’accord pour la construction et le développement de plusieurs parcs d’attractions en Île-de-France. -
Le tiers payant, un terrain de jeu pour les fintechs
Marché très concentré et particulièrement exposé aux cyberattaques, le tiers payant intéresse de plus en plus les fintechs qui tentent de se positionner en tant que partenaires technologiques fiables. -
Le fonds de pension suédois AP3 voit ses encours grossir de plus de moitié
L'un des trois fonds de pension publics suédois en charge du système de pension pour les retraités suédois a publié des résultats financiers en hausse au premier semestre 2026. -
Les fonds de private equity hexagonaux misent sur le « Made in France »
Près de la moitié de la valeur des participations détenues dans l’Hexagone est aux mains d’investisseurs domestiques, un niveau parmi les plus élevés du continent. -
Volkswagen poursuit son poker menteur sur l’avenir de son outil industriel
Le premier constructeur automobile allemand cherche à adapter son profil de production pour redevenir compétitif. Syndicats, actionnaires et direction rivalisent de projets quant à l’ampleur des suppressions d’emplois à consentir. Avec la question sous-jacente des fermetures d’usines en Allemagne. -
Les banques ont largement participé à la réouverture du marché du crédit en euros
Les banques européennes ont constitué le secteur le plus actif sur le marché primaire du crédit en août, avec 43 émissions en euros (hors banques publiques) pour près de 32 milliards en moins d’un mois. Certains craignent une indigestion des investisseurs, mais les besoins de financement pour le second semestre sont limités, et les spreads globalement stables malgré le contexte.
ETF à la Une
Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- L'éligibilité des ETF synthétiques au PEA est dans le viseur de Bercy
- Le projet de la SEC de supprimer la règle du « meilleur prix » met les investisseurs vent debout
- Vanguard sort trois fonds Ucits actions mondiales
- Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- Wall Street ouvre la porte vers les ETF sur les humanoïdes chinois
Contenu de nos partenaires
-
CoulissesPrésidentielle : le plan de bataille du Medef
L'organisation patronale déploie une nouvelle stratégie pour imposer son agenda aux candidats à la présidentielle et asseoir son influence sur le débat public -
Message personnel« On se retournait, il était là » : l’hommage d’Emmanuel Macron à François Patriat
En saluant la fidélité de ce macroniste des origines, Emmanuel Macron souligne l'ingratitude de ceux de son camp qui veulent lui succéder à l'Elysée -
EditorialChefs d'entreprise, enrichissez-vous !
Tous partagent l'idée qu'il suffit d'aligner les promesses pour réguler l'économie par le haut