L’Agence France Trésor reste sereine en dépit des turbulences des marchés
Le nouveau patron de l’Agence France Trésor (AFT) reste serein pour le financement de la dette en dépit de la hausse des taux et de l’écartement des spreads. «Il n’y a pas lieu de s’inquiéter du mouvement de hausse des taux que nous venons de vivre, bien qu’il soit brutal. Ce mouvement est plutôt sain en soi», a affirmé Anthony Requin devant les députés de la commission des Finances hier.
Les taux 10 ans sont remontés de 88 pb en près de deux mois, à 1,23% hier. Aux yeux de celui qui a été nommé à la tête de l’AFT en mars, il est cependant normal que les marchés intègrent un scénario de reprise alors que la BCE a lancé son programme d’assouplissement quantitatif (QE) en mars.
«Je pense qu’on est en train d’assister, je suis prudent, à l’incorporation par les marchés d’une sorte de prime de risque liée à la possibilité d’un scénario extrême d’évolution du dossier grec et de l’appartenance de pays à la zone euro», a cependant affirmé Anthony Requin. Situé entre 23 à 33 pb au début de l’année, le spread entre les taux français et allemands à 10 ans évoluait autour de 42 pb hier. Pour le patron de l’AFT, cet écartement est davantage dû à un resserrement des taux allemands qu’à une hausse des taux français. Surtout, les incertitudes sur la Grèce pourraient se dissiper et la BCE va continuer à mener son QE alors que l’offre de titres d’Etat sera réduite pendant la pause estivale. «Ces deux phénomènes peuvent tout à fait conduire à assister à nouveau au cours de l’été et vers l’automne à un mouvement de compression des spreads et de baisse des taux», estime Anthony Requin.
La remontée récente des taux ne remet pas en cause la prévision de charge de la dette, fixée à un peu plus de 43 milliards d’euros, avec l’hypothèse de taux à 10 ans à 1,20% à la fin de l’année. «Quand bien même nous appliquerions une hausse des taux de 50 pb entre maintenant et la fin de l’année, nous serions toujours en mesure de pouvoir tenir la charge de dette programmée dans le programme de stabilité pour l’année 2015», assure Anthony Requin. Le programme de financement de l’AFT de 187 milliards d’euros se déroule «sereinement» selon lui. Il devrait être aujourd’hui exécuté à hauteur d’environ 67,5%.
En moyenne, la France s’est financée jusqu’à mai 2015 à 10 ans à 0,77% contre 1,31% en 2014.
Par rapport à l’année dernière, l’AFT s’est moins financée à 15 ans et davantage à 10 ans. En 2016 et 2017, l’AFT devra faire face à 143 milliards d’euros de tombées.
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