Cette année devrait être celle de la hausse des taux et de la charge de la dette ainsi que de la préparation des importantes échéances de 2015
Publié le
Solenn Poullennec
En dépit de la baisse des rendements français en ce début d’année, le directeur général de l’Agence France Trésor (AFT), se garde bien de prédire une baisse de la charge de la dette par rapport aux prévisions faites pour 2014.
«On a toujours des anticipations de remontée des taux mais c’est vrai que pour l’instant c’est moins rapide que ce que l’on attendait à la fin de l’année dernière», a reconnu Ambroise Fayolle, auditionné hier par les sénateurs de la commission des finances. Hier après-midi, le rendement des titres français à 10 ans était de 2,22%, soit une baisse de 32 pb depuis le 1er janvier. Les taux étaient remontés de près 56 pb en 2013 dans le sillage des anticipations de la fin progressive de l’assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale.
La remontée des taux devrait se poursuivre cette année. Conjuguée à la hausse de l’inflation, elle provoquera, selon l’AFT, une augmentation de la charge de la dette à 46,7 milliards d’euros en 2014. Cette hausse est pourtant contenue car l’agence va refinancer cette année des titres émis il y a six ou sept ans avec des coupons bien plus élevés qu’ils ne devraient l’être aujourd’hui. «Il est trop tôt pour dire si on sera en dessous ou pas de 46,7 milliards d’euros», a expliqué Ambroise Fayolle aux sénateurs qui l’interrogeaient sur la probabilité que le scénario de 2013 se répète. L’année dernière, la charge de la dette avait été de 44,9 milliards d’euros, en baisse de près de 2 milliards d’euros par rapport au budget inital. Une réduction essentiellement due à la baisse de l’inflation (1,3 milliard d’euros) qui a rendu les titres indexés moins coûteux.
Comme l’an dernier, 2014 sera l’occasion de préparer les échéances de 2015 car à cette date l’agence devra faire face au refinancement des énormes déficits de 2009 et 2010. En 2013, l’agence a d’ores et déjà profité de très bonnes conditions de financement pour racheter près de 23 milliards d’euros de dette qui venait à maturité dans les deux années à venir. Le directeur de l’agence a aussi placé la reprise de la dette de l’EPRF (reliquat du sauvetage du Crédit Lyonnais) l’année dernière dans cette perspective car cette dette devait être acquittée avant fin 2014.
Ambroise Fayolle a par ailleurs fait valoir que la maturité moyenne de la dette française est de 7 ans, dans le haut de la fourchette par rapport à ses partenaires européens, à l’exception du Royaume-Uni.
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