L’Afrique accentue son recours au marché international de la dette
Les pays africains font une percée sur le marché international de la dette. Selon Moody’s, ils auraient ainsi émis un montant record de 8 milliards de dollars d’obligations souveraines sur le marché primaire depuis le début de l’année. Un niveau supérieur aux 5,2 milliards levés l’année dernière ainsi qu’au précédent record de 7,2 milliards en 2010, alors qu’il végétait à 1,2 milliard il y a dix ans. Le plus gros émetteur cette année est l’Egypte avec 3,7 milliards de dollars levés, suivie de l’Afrique du Sud avec 2 milliards, le Ghana et le Nigeria avec un milliard chacun et le Rwanda avec 400 millions.
Moody’s anticipe en outre que «l’intérêt des investisseurs pour la région est soutenu par les fortes prévisions de croissance économique en Afrique», de 5% à 6% en moyenne sur les prochaines années. Et d’insister sur la nouvelle orientation prise par la politique monétaire aux Etats-Unis qui conduit les investisseurs à diversifier leur portefeuille en recherchant des rendements attractifs. L’émission rwandaise en dollars d’avril a offert un rendement de 6,875%, celle du Nigeria en juillet de 6,625%, et celle du Ghana de 8%.
Si seuls 14 des 54 pays africains ont eu recours à des émissions de titres libellées en devises étrangères, six autres devraient réaliser leur première émission dans les prochaines années: l’Angola, le Cameroun, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, ainsi que le Mozambique. Le Kenya a déjà fait état ces derniers jours de son intention de réaliser sa première émission internationale en dollars d’un montant de 1,5 milliard, début 2014. Un moyen «d’améliorer la notation du pays, son niveau de risque», selon le gouverneur de la banque centrale kényane.
Cette tendance «devrait conduire à une demande croissante d’informations sur la qualité de crédit ainsi qu’une demande de notation des émetteurs africains concernés de la part des investisseurs, surtout pour les pays d’Afrique sub-saharienne», estime d’ailleurs Moody’s. L’agence prévoit qu’un renforcement des émissions souveraines ouvrirait les marchés internationaux aux collectivités, entreprises et institutions financières du continent.
Les autres sources de financement externes, tels que les prêts bilatéraux ou commerciaux, devraient néanmoins rester largement majoritaires dans l’ensemble des apports externes de capitaux qui servent notamment à assurer les besoins des pays africains en infrastructures, selon Moody’s.
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