L’affaiblissement du franc permet à la BNS de renouer avec les bénéfices
La BNS renoue avec les bénéfices. La Banque nationale suisse a annoncé mardi avoir dégagé un résultat consolidé de 11,2 milliards de francs (9,1 milliards d’euros) sur les trois premiers mois de l’année, après une perte de 1,6 milliard encaissée un an plus tôt. L’appréciation du dollar de 4% et de l’euro de 0,9% contre le franc sur la période a permis à la BNS de réaliser des gains de change de 5,2 milliards, après une perte de 2,6 milliards un an plus tôt. Des gains qui ont largement compensé les pertes subies sur les positions en yen et en livre sterling.
Le maintien d’une parité contre euro supérieure au plancher de 1,20 fixé par la BNS a permis de voir ses réserves en devises étrangères se stabiliser à hauteur de 438,4 milliards. Le franc se renforçait contre euro hier, à 1,2246. Le gouverneur de la BNS, Thomas Jordan, a confirmé l’utilité du maintien du plancher compte tenu des incertitudes qui pèsent sur la zone euro.
Le poids de l’euro dans les réserves de change de la BNS s’est confirmé à 48%, tandis que le dollar, la livre sterling et le yen pesaient à hauteur de 27%, 7% et 9% à la fin du mois de mars. La BNS a vu la part de ses réserves en «autres devises», dont les couronnes danoise et suédoise, le dollar canadien, et le won coréen, progresser d’un point à 5%. En Australie où le dollar bénéficie également du statut de devise refuge, la banque centrale australienne a décidé d’allouer 5% de ses réserves à des investissements en obligations souveraines chinoises.
La BNS a également bénéficié de la hausse des marchés actions qui lui a permis de dégager des gains de 4,9 milliards de francs. La part des réserves détenues en actions s’est renforcée de 3 points à 15%, alors que celle des obligations s’effritait de 4 points à 78% dans le même temps. L’allocation obligataire du portefeuille de la BNS reste défensive avec une proportion écrasante de titres notés AAA et AA de 94%.
Une moins-value limitée de 100 millions de francs a été enregistrée sur le stock d’or de la BNS, qui est resté inchangé, alors qu’une polémique enfle dans le pays sur les 30% de réserves d’or détenues par la Suisse à l’étranger (20% à la BoE et 10% à la Banque du Canada). Le parti de droite a rassemblé assez de signatures pour activer un référendum concernant une proposition d’interdire à la BNS la possibilité de céder ses réserves en or. Une initiative contre laquelle s’est élevé Thomas Jordan.
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