L’adjudication italienne confirme pour l’instant la détente des rendements
L’Italie a adjugé vendredi 8,5 milliards d’euros de bons à six mois,
avec un rendement moyen en net recul, reflet de la détente sur la dette
des Etats périphériques de la zone euro après l’engagement du président
de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi. Hier, le banquier central a promis de faire tout son possible
pour sauver l’euro dans le cadre de son mandat.
Le rendement moyen est ressorti à 2,454%, contre 2,957% fin juin, son plus bas niveau depuis le mois de mai. Le ratio de couverture a été de 1,6, comme en juin. Le rendement des obligations italiennes à 10 ans s’est légèrement
retendu après un net recul jeudi, dans un marché prudent dans l’attente de mesures concrètes en provenance de la BCE.
Ce matin, la Bundesbank, banque centrale allemande, s’est employée à relativiser les propos, pourtant bien accueillis hier par les marchés, du président de la BCE. La Buba a estimé qu’il serait moins problématique que le FESF (Fonds européen de stabilité financière) rachète des obligations souveraines plutôt que la BCE, mais que l’octroi d’ «une licence bancaire pour le fonds d’urgence
reviendrait de fait à financer les Etats en faisant marcher la planche à
billets et serait une voie fatale qui est pour cela interdite par le
traité de l’Union européenne». Mercredi Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs
de la BCE, avait évoqué plusieurs arguments plaidant en
faveur de l’octroi d’une licence bancaire au Mécanisme européen de
stabilité (MES).
Le débat sur l’issue à la crise de la zone euro reste donc très ouvert et la détente observée lors de l’adjudication italienne doit être considérée avec prudence. Toute la liquidité actuellement disponible sur le marché «peine à franchir les Alpes (et les Pyrénées),
très peu d’investisseurs étant prêts à prendre des positions sur la
partie longue de la courbe espagnole ou italienne», estime Richard
McGuire, stratégiste taux chez Rabobank, cité par Reuters. «Même s’il y a
clairement un gain en termes de rendement, ces marchés sont considérés
comme trop dangereux en raison de l'énorme incertitude sur les
développements de la crise de l’euro», ajoute-t-il.
Lundi la patience des investisseurs sera de nouveau testée avec une adjudication italienne de 4,75 milliards d’euros
d’obligations à cinq et 10 ans, ainsi que de 750 millions d’euros
d’obligations à trois ans.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché salue les performances de Deutsche Bank au deuxième trimestre
La banque allemande a publié un bénéfice net record de 1,9 milliard d’euros au deuxième trimestre 2026 et juge le second semestre bien engagé. Le contexte domestique, entre réforme des retraites et relance des investissements dans les infrastructures et dans l'armement, devrait amener le groupe à dépasser les objectifs fixés pour 2028. -
UBS séduit les investisseurs avec 3 milliards de dollars de rachats d'actions
La banque suisse a enregistré une forte hausse de ses bénéfices au deuxième trimestre, mais elle reste sous la menace d'une évolution réglementaire défavorable sur son marché domestique. -
La croissance des salaires en zone euro devrait remonter légèrement d’ici à 2027
Certains décideurs de la Banque centrale européenne (BCE) s’alarment des risques d’effets de «second tour» via une boucle prix-salaires, après la hausse de l’inflation énergétique liée au conflit en Iran. Les hausses de salaires anticipées au travers du «wage tracker» publié mercredi resteraient pourtant a priori modérées. -
Bureau Veritas se montre plus confiant pour 2026 après un deuxième trimestre solide
L'entreprise française a annoncé relever ses objectifs annuels après un bon premier semestre, marqué par une accélération de la croissance organique au deuxième trimestre et des acquisitions dans ses domaines à forte croissance. -
Solvay confirme ses objectifs pour 2026, l'Ebitda a fondu au deuxième trimestre
Pour l'ensemble de l'exercice en cours, Solvay table toujours sur un excédent brut d'exploitation (Ebitda) sous-jacent compris entre 770 millions et 850 millions d'euros, ainsi que sur un flux de trésorerie disponible d'au moins 200 millions d'euros. -
Sopra Steria et Alten rassurent les investisseurs sur la menace IA
Les deux spécialistes du conseil et des services informatiques ont relevé leurs objectifs de croissance. Ils rebondissent nettement en Bourse alors que l’impact du développement de l’intelligence artificielle sur leurs activités inquiétait les investisseurs.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions -
La City contre-attaqueLa Lady Mayor, à la fois reine, ambassadrice et VRP de la City
SERIE (4/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la place financière de Londres depuis le Brexit. Le Lord-maire, poste occupé cette année par Susan Langley et qui remonte au 12e siècle, règne presque comme un roi, le temps de son mandat, sur la City.