L’activité en zone euro reste sur un rythme de faible croissance
A peine sortie de la récession, l’économie européenne cale déjà. L’indice composite des directeurs d’achat en zone euro a reflué à 51,5 points au mois d’octobre, après avoir atteint son plus haut niveau depuis deux ans, à 52,2 le mois précédent. Un chiffre inférieur au consensus qui tablait sur une poursuite de l’accélération, à 52,5. Cette baisse est principalement imputable au secteur des services, très sensible aux variations de la demande intérieure, qui a accusé un recul de 1,3 point pour tomber à 50,9, alors que le secteur manufacturier a mieux résisté avec un indice en légère hausse, à 51,3 points.
L’indice reste néanmoins en territoire positif, et «aux niveaux actuels, il suggère une croissance positive du PIB» de 0,2% puis 0,3% aux deux derniers trimestres de l’année, selon BNP Paribas. Moody’s Analytics souligne dans une étude publiée hier que «de nombreux changements structurels rendent la croissance de certains pays de la zone plus dépendante des exportations» avec pour corollaire une amélioration des comptes courants, qui sont passés d’une situation de déficit de 14 milliards d’euros en 2008 à un excédent de 4 milliards cette année. L’agence estime que le poids des exportations dans le PIB européen a progressé de 10% entre 2009 et 2013, et ajoute que la reprise en zone euro sera tirée par les exportations en 2014.
Une évolution risquée dans un contexte de hausse de l’euro, qui restait hier au-dessus du seuil de 1,38 contre dollar, et de ralentissement des économies émergentes, selon ING. Dans ce contexte, «les pays de la zone avec les niveaux de dette totales les plus faibles, tels que l’Allemagne et la France, seront les premiers à croître», estime Moody’s Analytics. L’indice d’activité composite en France s’est maintenu de justesse au-dessus du seuil de contraction à 50,1, alors que l’indice allemand, à 52,6, reste clairement expansionniste en dépit d’un léger recul.
Si les PMI des autres pays ne sont pas révélés, la Banque d’Espagne a estimé que l’économie du pays devrait avoir retrouvé une croissance, certes modeste, de 0,1% au troisième trimestre. Ce qui indique une sortie de récession, alors que le taux de chômage s’est infléchi à 26% fin septembre. La Société Générale estime en revanche que l’indice pourrait avoir fortement reculé en Italie, «où il s’était envolé à près de 53 le mois dernier, après être resté sous les 50 points depuis mai 2011».
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