La zone euro est de plus en plus écartelée entre dette et faible croissance
Le coup de frein subi par l’Allemagne ne va pas manquer de raviver le débat sur les hausses des taux décidées par la BCE en avril et en juillet derniers. La première économie de la zone euro a en effet marqué le pas au deuxième trimestre 2011, après un très bon début d’année. D’après les chiffres préliminaires publiés hier par l’Office fédéral des statistiques, la croissance allemande a ralenti à 0,1% au deuxième trimestre, contre 1,3% (révisé à la baisse après 1,5% initialement) sur les trois premiers mois de l’année. Affectée par son déficit commercial, sa consommation en berne et de faibles investissements dans la construction, l’Allemagne a enregistré en rythme annuel une croissance de 2,8%, contre 5,0% au trimestre précédent. Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne 0,5% d’un trimestre sur l’autre et 3,2% l’an. «C’est une déception sérieuse, les Allemands non plus ne peuvent pas échapper au ralentissement mondial», s’est inquiété Jörg Lüschow, de West LB.
D’autant que l’Allemagne ne peut pas compter sur ses partenaires européens pour espérer trouver une source de relance. Selon l’estimation préliminaire diffusée par Eurostat hier, le PIB de la zone euro a augmenté moins que prévu au deuxième trimestre. Il a progressé de tout juste 0,2% après 0,8% au premier trimestre, alors que le consensus des économistes s'établissait à 0,3%. La croissance du PIB des 17 pays utilisant la monnaie unique ressort à 1,7% l’an (contre un consensus de 1,8%), et après 2,5% au trimestre précédent. En Espagne, par exemple, la croissance n’a été que de 0,2% au deuxième trimestre, après 0,3% au trimestre précédent, ravivant les craintes d’un retour à la récession dans le pays, ce qui compliquerait un peu plus la réussite du plan d’austérité lancé par le gouvernement.
La zone euro se trouve ainsi écartelée entre une dette qu’il faut réduire et une croissance qu’il faut relancer. Hier, dans une tribune publiée par le Financial Times, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a estimé que si la réduction des déficits budgétaire devait rester une priorité, les Etats ne devaient pas sacrifier pour autant à court terme des mesures de soutien à la croissance et à l’emploi. «Des réductions de dépenses ne suffiront pas ‑les recettes doivent également augmenter, et le premier choix doit porter sur les mesures qui affectent le moins la demande», lance la directrice générale du FMI.
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