La victoire d’Erdogan renforce la pression sur la banque centrale et la livre turque
Le nouveau président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, sera-t-il plus souple que l’ancien Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan? «La pression sur la banque centrale pour assouplir la politique monétaire va continuer», a déjà prédit hier Thu Lan Nguyen, responsable de la stratégie devises de Commerzbank, au lendemain de la victoire d’Erdogan à l’élection présidentielle. Pendant la campagne, et dans la foulée de son action à la tête du gouvernement, Recep Tayyip Erdogan avait insisté sur la nécessité d’assouplir la politique monétaire turque, en accusant régulièrement un «lobby» de spéculateurs de favoriser des taux élevés et de vouloir saper l'économie turque.
La banque centrale a réduit le taux de refinancement à une semaine de 175 points de base depuis mai, une évolution difficile à justifier aux yeux de certains économistes face à la persistance d’une inflation élevée. Mais de nouvelles actions ne sont pas exclues, sous la pression du nouveau président, même si les investisseurs attendent de connaître l’identité du futur Premier ministre et la composition de son gouvernement. Hier, l’actuel ministre de l’Economie, Nihat Zeybecki, a néanmoins été clair: «Les taux d’intérêt de la banque centrale doivent baisser», a-t-il indiqué à Reuters.
«La poursuite probable du cycle de baisse des taux va mettre la livre sous pression, notamment avec la normalisation de la politique monétaire américaine», estime le responsable de la stratégie devises de Commerzbank. La livre turque se traitait hier en fin de journée autour de 2,1532 pour un dollar, par rapport aux 2,1351 atteints en début de séance. Les cambistes craignent aussi que l’incertitude politique à prévoir ne vienne renforcer la pression sur la livre turque. «A terme, la détérioration de la prévisibilité de la politique et, plus généralement, des structures institutionnelles de la Turquie pourrait dissuader les investisseurs et nuire aux flux de capitaux», indique William Jackson, économiste chargé des marchés émergents chez Capital Economics.
Dans un communiqué publié hier, l’agence de notation Fitch souligne que la difficulté à prévoir l'évolution de la politique turque pourrait peser sur les flux de capitaux, une donnée cruciale pour le pays en raison de l’ampleur de son déficit courant.
Plus d'articles du même thème
-
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP. -
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM. -
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
Affaire Lyhanna : la femme de Jérôme Barella a dénoncé un viol conjugal pendant son audition
Auditionnée dans le cadre d’investigations à la suite de plaintes pour viols sur mineures visant Jérôme Barella, sa femme a dénoncé des faits de viol commis par son mari -
Canicule : malgré la baisse de la chaleur, les effets sanitaires « restent devant nous », prévient l'exécutif
Dans les hôpitaux, « un plateau haut va s’installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées) », constatent les services du Premier ministre, samedi 27 juin. On compte 37 départements en vigilance rouge canicule ce jour, soit moins qu’hier -
IA : Washington réautorise un accès limité au modèle Mythos d'Anthropic
Il y a deux semaines, Howard Lutnick, ministre américain du Commerce, avait demandé à Anthropic de cesser l’accès à deux modèles de pointe. Ce pour des raisons de sécurité nationale à la suite de la détection de failles