La vague de défauts devrait rester soutenue en 2014 dans le high yield européen
S&P estime que l’heure de vérité approche pour les sociétés surendettées à la suite des LBO montés durant la période 2006-2008
Publié le
Alexandre Garabedian
Le compartiment de la dette corporate spéculative en Europe devrait encore connaître cette année un flux régulier de défauts de paiement. Même s’il est passé de 7,2% à 5,9% entre 2012 et 2013 et pourrait refluer à 5,2% au premier trimestre 2015, le taux de défaut reste supérieur à la moyenne historique de 4,7%, souligne la dernière étude de S&P. La baisse observée l’an dernier reflète aussi la diversification croissante du segment du high yield.
Parmi les quelque 700 émetteurs observés par S&P, près des deux tiers sont venus sur le marché après 2009, sur fond de désintermédiation bancaire. Ces nouveaux arrivants font mécaniquement baisser les taux de défaut. En revanche, l’agence souligne que «les CLO de 2007-2008 vont sortir de leur période de réinvestissement, les LBO trop endettés en 2006-2008 auront du mal à se refinancer et les banques préparent leur bilan en amont de la revue de la qualité des actifs de la BCE». Autant d’éléments qui devraient nourrir le flux de défauts en 2014.
S&P estime notamment que de grandes entreprises pourraient faillir à leurs obligations. Sept émetteurs ayant plus d’un milliard d’euros de dette appartiennent aux catégories jugées les plus risquées – CC ou CCC – selon l’évaluation privée de S&P, qui ne note pas publiquement ces groupes. L’an dernier, 42 sociétés ont fait défaut sur un total de dette de 24,3 milliards d’euros (2,7% du total en circulation). Elles étaient 51 en 2012, pour un encours de dette de 34,7 milliards (4,3%). Les taux de défaut sont en moyenne deux fois plus élevés chez les entreprises non notées que pour celles faisant l’objet d’un rating.
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