La Turquie se dirige vers de nouvelles élections à l’automne
La Turquie se prépare à organiser ses deuxièmes élections législatives depuis le début de l’année. Le premier ministre Ahmet Davutoglu (qui dirige également le parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan) a constaté hier l’échec des négociations pour former une coalition avec le CHP, l’une des principales formations de l’opposition et jugée favorable aux milieux d’affaires.
«Tous les autres canaux étant épuisés, il semble que la nécessité d’en appeler une nouvelle fois à la volonté nationale pour assurer la stabilité durable de notre pays ait fortement augmenté. En fait, elle est devenue la seule possibilité», a-t-il déclaré en conférence de presse.
Cette perspective n’a pas réjoui les investisseurs, le pays se trouvant sans majorité au parlement depuis les élections de juin dans un contexte géopolitique particulièrement difficile, entre la guerre civile syrienne à sa porte, les premiers attentats menés par l’Etat islamique sur son sol et le regain de tensions avec les militants kurdes du PKK. Ce d’autant plus que les derniers sondages d’opinion montrent que de nouvelles élections – qui pourraient être organisées en novembre – ne laissent entrevoir aucune majorité claire.
En conséquence, la lire, qui avait commencé à regagner une partie du terrain perdu après les élections en raison de l’espoir suscité par une coalition menée par l’AKP, a perdu jusqu’à 1,8% hier, atteignant un plancher historique à 2,8281 pour un dollar. Les actions et les obligations ont suivi la même tendance. L’indice Borsa Istanbul 100 a chuté de 1,4% à un plus bas de cinq mois, perdant jusqu’à 3% en séance. Les rendements obligataires à 10 ans ont connu leur plus forte progression depuis près de trois semaines, tandis que le CDS (coût de l’assurance contre un défaut du pays sur sa dette) a flambé pour atteindre un sommet depuis février 2014.
Théoriquement, le premier ministre a jusqu’au 23 août pour trouver un partenaire de coalition. Mais Ahmet Davutoglu a estimé que le parlement devait ignorer cette date et se mettre d’accord sur l’organisation de nouvelles élections, afin de limiter les conséquences négatives de l’incertitude politique sur l’économie. En cas d’absence de consensus des députés, le président Recep Tayyip Erdogan ne pourra appeler à de nouvelles élections qu’après l’échéance du 23 août.
Alors que la Turquie avait connu une croissance économique d’environ 5% au cours de ces dix dernières années, la machine risque de se gripper.
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