La Suède tente de dégonfler sa bulle immobilière
La Suède durcit encore ses règles bancaires. A l’occasion de la publication de son rapport de stabilité financière hier, la Riksbank a proposé de relever, de 15% à 25%, la pondération en risque des crédits immobiliers des banques suédoises. La banque centrale, qui a déjà imposé au secteur des exigences en capital supérieures à celles de Bâle 3 avec un ratio de common equity tier one à 12% en 2015, estime que cette nouvelle mesure forcera les prêteurs à mobiliser des fonds propres supplémentaires à hauteur de 32 milliards de couronnes (3,5 milliards d’euros).
La Banque royale de Suède s’inquiète, à juste titre, d’un risque systémique lié à l’immobilier. Entre 1995 et 2012, la hausse des prix des logements en termes réels atteint 143%. Elle se poursuit toujours, même si son rythme s’est infléchi depuis le début de la crise. Dans le même temps, l’endettement des ménages rapporté au revenu disponible est passé de 100% environ à 170%. Il repart à la hausse depuis début 2013 après trois années de stabilisation. Suivant un modèle répandu en Europe du Nord, une grosse proportion (70%) des prêts immobiliers dits «first mortgage», c’est-à-dire d’un montant inférieur à 75% de la valeur du bien, ne sont pas amortis.
«Les banques financent largement ces prêts sur le marché des covered bonds, et leur accès à cette source dépend de la confiance des investisseurs dans les actifs sous-jacents», souligne la Riskbank. En accroissant les exigences en fonds propres des prêteurs, le régulateur espère durcir l’accès au crédit. «Pour maintenir leur niveau de rentabilité, les banques pourraient choisir de remonter les taux des prêts immobiliers, ce qui réduirait la demande des emprunteurs», souligne le rapport.
Jusqu’à la mise en œuvre progressive des règles de Bâle 2 en Suède à partir de 2007, une banque devait mobiliser en core tier one l’équivalent de 1,7% du montant du prêt hypothécaire. La proportion est tombée à 0,8% en 2011 et 2012. Elle remonterait à 3% avec une pondération des risques à 25%. Le régulateur a déjà pris des mesures en instaurant une pondération minimale de 15% des créances immobilières et en plafonnant le prêt à 85% de la valeur d’un bien. Si les mesures annoncées hier ne suffisent pas à calmer le jeu, «une approche possible serait de relever encore la pondération des risques à 35%», menace la banque centrale.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam. -
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP. -
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM. -
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
Et puis quoi encore ?Puces, énergie, capitaux... la grande razzia de l'IA
La pénurie de puces mémoire est le dernier exemple des tensions sur les ressources provoquées par les besoins de l'IA -
Bye byeEDF cède ses énergies renouvelables américaines
Le groupe dégage de nouveaux moyens pour assurer son développement dans le nucléaire -
Les cahiers au feu…Canicule : « Nous n’arriverons pas à 10 000 écoles rénovées en 2027 »
Responsable de l'éducation à l’AMF, Antoine Jouenne juge que les communes ne peuvent supporter seules le coût de l’adaptation des bâtiments scolaires