La Société Générale tire les conséquences de la crise sur sa BFI
Jean-Pierre Mustier supervisera directement les marchés. Trois des cinq pôles changent de tête, dont les activités de taux
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Alexandre Garabedian
Après le choc, la reprise en main. La Société Générale a tiré les premières conséquences de la tempête qu’elle traverse en mettant en place dès vendredi une nouvelle structure de direction dans sa banque de financement et d’investissement (BFI). Jean-Pierre Mustier, patron de SG CIB, a repris personnellement la supervision des activités de marché qui avaient été placées mi-décembre sous la responsabilité de Christophe Mianné.
Ce dernier récupère la direction des pôles actions et dérivés, laissée vacante après le départ de Luc François. Celui-ci fait partie des cinq responsables sanctionnés depuis la découverte d’opérations non autorisées d’un trader qui ont coûté 4,9 milliards d’euros à la banque. Un pôle qui a aussi vu le départ de Pierre-Yves Morlat, responsable du trading actions. Autre division à changer de tête pour les mêmes raisons, les ressources, qui recouvrent l’informatique. Jean-Pierre Lesage, son responsable, a dû passer le flambeau à son adjoint François Boucher.
La Société Générale a également réorganisé ses activités de crédit vendredi, comme beaucoup de ses concurrents. La révélation des malversations de son trader a en effet occulté les provisions impressionnantes que la banque a dû passer pour couvrir son exposition à l’immobilier à risque américain et au secteur des rehausseurs de crédit : plus de 2 milliards d’euros au quatrième trimestre. En conséquence, les deux coresponsables du pôle taux, change et matières premières, Grégoire Varenne et Marc Breillout, ont quitté leur fonction, mais pas encore la banque. « Ils sont en attente de leur nouvelle affectation », assurait-on chez SG CIB vendredi. Olivier Khayat les remplace. Il partageait la responsabilité des marchés des capitaux et financements avec Jean-Luc Parer, qui reste seul aux commandes de cette division.
Au total, trois des cinq pôles de SG CIB changent donc de tête et un quatrième est indirectement affecté, seule la division relations clients restant à l’écart de ce jeu de chaises musicales. Ce nouvel organigramme suppose aussi un retour en arrière par rapport à décembre, lorsque la nomination de Christophe Mianné à la tête des marchés avait été vue comme une reprise en main du fixed income par les stars des dérivés actions. La découverte d’un tel scandale au cœur du joyau de SG CIB relativise désormais les rapports de force entre pôles de la BFI.
L’activité sur le marché primaire crédit euro a nettement repris avec 20 milliards d’émissions. Les banques ont surpris avec des émissions de titres subordonnés. Côté corporate, Thales a émis des obligations dans le cadre du refinancement de l’acquisition d’Exail.
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