La Russie marche progressivement vers un régime de changes flottants
Moscou lâche du lest sur le rouble. La semaine dernière, la banque centrale russe (BCR) a réduit le montant maximum de ses interventions quotidiennes sur le marché des changes à 60 millions de dollars, dans le but d’«assurer une flexibilité supplémentaire du taux de change du rouble dans le cadre de la transition qui vise à passer vers un régime de changes flottants d’ici à 2015».
Pour atteindre cet objectif qu’ont déjà réalisé nombre d'économies émergentes, la BCR a déjà élargi en octobre son corridor dans lequel elle s’efforce de maintenir la parité du rouble contre un panier de devises composé de 55% de dollars et de 45% d’euros: de 31,65-38,65 en mai dernier à 32,35-39,35. Une décision qui suivait un élargissement de la zone de non-intervention à l’intérieur du corridor, de 1 à 3,1 roubles.
Parallèlement, la BCR a procédé en septembre à l’unification d’une partie de ses taux directeurs en un seul taux à une semaine, actuellement à 5,5%, qui deviendra le taux directeur de référence et vers lequel convergera d’ici à 2016 le taux de refinancement, actuellement à 8,5%. Il sera compris dans une fourchette de plus ou moins 2% afin de limiter la volatilité sur le marché monétaire.
Cet outil remanié est destiné à atteindre l’objectif d’inflation, qui a été revu à la hausse à un niveau de 5% pour 2014 et à 4,5% en 2015, puis 4% en 2016. L’inflation a reflué à 6,1% du fait du maintien d’une politique monétaire restrictive. «La BCR restera donc prudente dans sa transition en veillant à ce que l’ajustement du rouble ne se traduise pas par une hausse importante de l’inflation importée», indique Natixis.
Les sorties de capitaux au sein du monde émergent n’ont pas épargné le rouble, qui est tombé à 44,39 contre euro fin août, son plus bas niveau depuis novembre 2009, et à 33,52 contre dollar, au plus bas depuis juin 2012. Et ceci malgré les interventions répétées de la BCR pour maintenir la parité dans son corridor. Depuis, la devise s’est reprise de 1,5% contre euro et de 5% contre dollar.
«D’ici à la fin de l’année, le rouble devrait bénéficier de l’amélioration de l’appétit pour le risque liée au report du «tapering» de la Fed», estime Natixis. Les investisseurs étrangers, à la recherche de rendements élevés («carry trade»), sont d’ailleurs revenus vers la dette russe, avec des détentions de titres qui se sont renforcées à 24,9% début septembre, contre 19,9% au début de l’année.
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