La Russie lance des sanctions économiques à double tranchant
Une décision politique risquée. En décrétant une interdiction totale pendant un an des importations de produits alimentaires (bœuf, porc, volaille, poisson, fromage, lait, fruits et légumes) en provenance de l’Europe des 28, des États-Unis, de l’Australie, du Canada et de la Norvège, en réponse aux sanctions à son encontre, la Russie a amplifié les craintes sur la stabilité de son économie. Hier, l’indice de la Bourse de Moscou a perdu plus de 2% en séance, avant de finir inchangé.
Ces mesures «ne vont qu’amplifier les effets des sanctions financières imposées à la Russie», craint Dmitry Polevoy, économiste d’ING à Moscou, «en augmentant les prix des produits alimentaires, ce qui pèsera sur les ménages». Selon les premières estimations de BoA Merrill Lynch, l’embargo pourrait ainsi ajouter entre 0,5 et 1,5 point d’inflation. Malgré une croissance quasi-nulle, la banque de Russie a déjà relevé par trois fois ses taux dernièrement pour contrer l’inflation. Elle était de 7,5% en juillet, bien au-dessus de l’objectif de 5% fixé par les autorités pour 2014. Des discussions ont déjà été engagées avec des pays voisins pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement et limiter l’effet sur les prix.
Si les Etats-Unis ont minimisé hier leur portée sur l'économie américaine, ces interdictions ne seront pas sans conséquences pour les pays visés et leurs industries, même si «elles sont encore difficiles à chiffrer», estime JPMorgan. La Russie a importé l’an dernier 9,2 milliards de dollars de denrées alimentaires visées par l’embargo. Environ 10% des exportations agricoles de l’Union européenne vont à la Russie, soit 11 milliards d’euros par an, selon la Commission européenne, dont plus de 1 milliard pour les seuls produits laitiers. La Russie représente à elle seule 28% des exportations de fruits européens et 21,5% de celles de légumes. 8% des poulets élevés aux Etats-Unis partent chaque année vers la Russie. La France est le dixième fournisseur du pays en denrées alimentaires avec 1,42 milliard de dollars en 2013, derrière l’Allemagne (1,83 milliard) ou la Pologne (1,55 milliard). Plusieurs groupes ont lourdement souffert hier en Bourse après les annonces russes. Bonduelle a chuté de 7%. L'éleveur de saumons norvégien Marine Harvest a plongé de 8,3%.
Plus d'articles du même thème
-
La faiblesse du yen tourne au casse-tête pour le Japon
La devise nippone est au plus bas depuis 40 ans, malgré des interventions massives. La Banque du Japon ne semble pas en mesure d’y remédier de façon crédible. Les écarts de taux encouragent toujours plus les stratégies de portage sur les marchés mondiaux, avec les risques qu'un débouclage soudain comporterait. -
Soitec prévoit une croissance de plus de 30% des revenus au deuxième trimestre
Soitec a publié de manière anticipée un chiffre d'affaires trimestriel en forte hausse, tiré par l'explosion de la demande en IA et son activité Photonics-SOI. Les perspectives restent solides. -
Les régulateurs français et néerlandais dévoilent des propositions pour parvenir à la supervision centralisée
Dans le cadre du paquet de mesures dévoilées par la Commission européenne en décembre dernier, la surveillance centralisée est au cœur des débats. Pour réussir cette transformation, l’AMF et son homologue néerlandais (AFM) ont publié cinq recommandations. -
Alstom anticipe une accélération de sa dynamique commerciale
Alstom confirme ses objectifs annuels et anticipe une accélération de sa dynamique commerciale, malgré un repli des prises de commandes au premier trimestre. -
Ipsos abaisse ses prévisions de ventes en 2026
Malgré un rebond au deuxième trimestre, Ipsos révise à la baisse sa prévision de croissance organique pour 2026 autour de 2 %, tout en maintenant son objectif de marge opérationnelle. -
Dassault Aviation maintient son plan de vol pour 2026
Dassault Aviation confirme ses objectifs annuels après un premier semestre marqué par une forte hausse de son chiffre d'affaires.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot