La Russie donne des gages sur la flexibilité totale du rouble
La Russie cherche à gagner une crédibilité monétaire. La banque centrale russe (CBR) a indiqué hier qu’elle réduira sensiblement la limite de ses interventions quotidiennes sur le marché des changes à 350 millions de dollars, contre 2,5 milliards précédemment. Cette mesure permettra de limiter la baisse des réserves de changes qui ont fondu de 73 milliards de dollars cette année pour revenir à 439 milliards. La CBR conduira également dès ce mois-ci des opérations de refinancement à 12 mois sur le forex, en plus de celles déjà réalisées sur des maturités plus courtes allant d’une semaine à 28 jours, afin d’alimenter les banques russes en devises étrangères.
L’autorité donne ainsi un gage sur son objectif de laisser la devise russe évoluer de manière entièrement libre, malgré la chute du rouble de 1,1% contre dollar hier et de 20% en seulement deux mois. Elle a franchi hier le seuil symbolique de 45 pour la première fois de son histoire. Une correction qui s’accompagne d’une envolée spectaculaire de la volatilité implicite à un mois sur la parité dollar-rouble. Elle s'élevait à 24% hier, un niveau non atteint depuis les extrêmes connus en 2008 et début 2009.
La correction du rouble accroît encore davantage les tensions inflationnistes déjà fortes dans le pays. L’inflation a atteint 8,3% le mois dernier, après 8% en septembre. Elle s’éloigne ainsi de l’objectif de 6,5% maximum à fin 2014 fixé par la CBR, qui a récemment été contrainte d’admettre que le taux d’inflation restera supérieur à 8% jusqu’à fin mars 2015. «La hausse de l’inflation est principalement due à la chute du rouble», estime BNP Paribas qui ajoute qu’une dépréciation du taux de change réel de 5% accroît l’inflation de 0,6 point sur les six mois suivants.
Or, «en abandonnant ses interventions sur le marché des changes, la CBR se retrouve avec la hausse des taux pour seule arme pour lutter contre la chute du rouble», indique SG CIB. Après avoir frappé fort vendredi en relevant son taux directeur de 150 pb pour le porter à 9,5%, la CBR n’a pas écarté hier un nouveau resserrement. Des mesures qui «réaffirment la volonté de la CBR de conserver des taux réels positifs», indique BNP Paribas. Symboliquement, le rendement des obligations russes libellées en devise locale a franchi la semaine dernière le seuil des 10% pour la première fois depuis octobre 2009.
Plus d'articles du même thème
-
L’acquisition de SFR devra franchir l’obstacle des autorités antitrust
Bouygues Telecom, Orange et Free ont signé avec Altice France le protocole d’accord qui leur permettra de reprendre SFR pour environ 20,35 milliards d’euros dette incluse. -
Garanties synthétiques en M&A : sortir des idées reçues pour cerner le véritable enjeu
Dans une tribune pour L'Agefi, Erwan Heurtel, associé au sein du cabinet Gowling WLG, et François Piquet, responsable France et Benelux chez Acquinex détaillent le mécanisme de ces garanties, dont le recours se développe et qui constituent parfois la seule voie permettant le bouclage d'une opération. -
La flambée du conglomérat Vingroup déséquilibre la Bourse vietnamienne
Alors que l’action du conglomérat vietnamien affiche un gain proche de 1.000% depuis janvier 2025, les fondamentaux du groupe ne suffisent pas à expliquer ce phénomène. -
La BCE s'apprête à relancer un cycle de resserrement monétaire
La logique économique voudrait que la banque centrale remonte ses taux jeudi 11 juin de manière «préventive», sans annoncer la suite. Mais la logique monétaire amène plus souvent l'institution de Francfort à conforter ou orienter les marchés sur des vues restrictives pour lutter contre l’inflation. -
Banco BPM propose à Monte dei Paschi d'engager des discussions en vue d'une fusion
Le rapprochement entre les deux établissements donnerait naissance au deuxième acteur du secteur bancaire italien, avec une capitalisation boursière supérieure à 50 milliards d'euros. -
L’opposition des actionnaires diminue en assemblée générale
Au cours des 101 AG 2026 du SBF 120 qui se sont déjà tenues, le taux de contestation diminue. Il touche toujours en priorité les rémunérations et les autorisations financières.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Protéger son portefeuille dans un monde incertain
Contenu de nos partenaires
-
SidérationAffaire Lyhanna : la justice s'impose dans la campagne présidentielle
Le meurtre de la jeune fille a fait irruption dans le débat présidentiel, déclenchant une énorme vague d'émotion, en plus d'une attente de réponses politiques. Les candidats en lice se livrent une première compétition -
Sous tensionRachat de SFR : le grand flou sur l'emploi
L’accord colossal entre géants conclu samedi soir bouleverse le paysage des télécoms et interroge sur l'avenir de 8 000 salariés -
Aux armes et cætera« On est chez nous » : à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon convoque la « Nouvelle France » aux urnes
Pour le lancement de sa quatrième candidature à l’élection présidentielle, le leader insoumis part en croisade contre les « obsédés de la race » qu’il espère (enfin) affronter au second tour en 2027