La Russie avance vers la libéralisation de son taux de change
La banque centrale a élargi la bande de fluctuation du rouble et limité ses interventions, avant une flexibilité complète prévue en janvier 2015
Publié le
Patrick Aussannaire
La Russie avance vers la libéralisation de son taux de change
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La Russie fait un nouveau pas vers la flexibilité du rouble pour ménager ses réserves de change. La banque centrale russe (CBT) a une nouvelle fois élargi de 2 points la fourchette de cotation du rouble qui évoluera à présent entre 35,4 et 44,4 contre un panier de devises de référence, composé à 55% de dollars et à 45% d’euros. A 41,524, le cours de la devise russe est ainsi confortablement installé dans la nouvelle fourchette, et inférieur de 6,5% à la borne haute. La CBT a d’ailleurs indiqué que cette mesure «n’aura pas un impact significatif sur les fluctuations du rouble» dans la mesure où sa parité était déjà située à l’intérieur du corridor.
Dans un contexte de crise géopolitique en Ukraine qui affecte l’économie russe, l’objectif de l’autorité est ainsi plus de se prémunir contre de nouvelles interventions sur le marché des changes dans le cas où le rouble sortirait de la fourchette. Dans un tel cas, le montant maximum de ses interventions sera limité à 350 millions de dollars pour faire revenir la parité à l’intérieur du corridor, contre un milliard auparavant. La banque centrale cessera même toute intervention pour réduire la volatilité du cours s’il est situé dans la fourchette, avec comme objectif un abandon total du corridor, et des interventions quotidiennes qui en découlent, en janvier 2015.
La dépréciation du rouble atteint 6,9% depuis fin juin et 9,7% depuis le début de l’année contre dollar, et respectivement 5,1% et 6,1% contre euro. Ce qui avait incité la CBT à relever ses taux directeurs de 50 points de base fin juillet pour les porter à 8%. Elle n’exclut pas d’autres resserrements si les pressions inflationnistes demeurent élevées et l’empêchent d’atteindre son objectif de faire revenir l’inflation de près de 8% en juin à 6,5% d’ici à la fin de l’année. Or, Barclays anticipe un taux à 7,4% fin 2014, avant un reflux à 5,8% l’an prochain.
Ce troisième resserrement monétaire depuis le début de l’année a été décidé malgré des risques croissants de récession planant sur l’économie russe. Si la croissance s’est maintenue à 0,8% au deuxième trimestre après 0,9% au premier, Barclays table toujours une légère contraction du PIB de 0,1% sur l’ensemble de l’année du fait du ralentissement de la consommation et de l’investissement, après une croissance du PIB de 1,3% enregistrée l’an passé. En 2015, la contraction pourrait même atteindre 0,6%.
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