La résistance de l'économie australienne permet à la RBA de maintenir le statu quo
L’Australie ne craint pas de voir sa devise s’apprécier. Tel semble être le message adressé par la banque centrale du pays (RBA) qui a laissé hier ses taux directeurs inchangés à 3%, malgré l’appréciation de sa devise. Entre novembre 2011 et fin 2012, le taux directeur a été abaissé de 175 pb, mais n’a pas bougé depuis. La RBA maintient un biais accommodant, estimant que les perspectives d’inflation «permettent de laisser une marge de manœuvre pour un nouvel assouplissement monétaire, si cela s’avérait nécessaire pour soutenir la demande».
Son gouverneur Glenn Stevens, reconduit ce matin à la tête de l’institution pour trois nouvelles années, explique cependant que «les assouplissements substantiels consentis entre fin 2011 et 2012 produisent des effets expansionnistes sur l’activité», et que «des effets similaires sont à attendre dans le futur».
«Le ton du communiqué indique que la RBA est de plus en plus confortable avec le niveau actuel des taux», estime Barclays. Les marchés anticipaient hier une probabilité de baisse de taux de seulement 17% à la prochaine réunion de la RBA, et prévoient un statu quo sur le reste de l’année à hauteur de 55%, contre 45% lundi. Des anticipations accentuées par la bonne performance de l’économie australienne qui a enregistré une croissance de 3,6% en 2012. La RBA table sur une croissance de 2,5% en 2013 et de 3% en 2014.
Les autorités cherchent à rééquilibrer l'économie australienne pour la rendre moins dépendante du secteur des matières premières, au profit de l’immobilier et de la consommation intérieure. Les créations d’emploi ont atteint 71.500 au mois de février, un record depuis l’année 2000, la confiance des consommateurs a progressé à son plus haut niveau depuis décembre 2010, et les prix immobiliers ont progressé de 2,8% au premier trimestre. Des chiffres qui ont permis de compenser la contraction du secteur manufacturier.
Dans ce contexte, même si Glenn Stevens a confirmé que «le taux de change, qui a progressé récemment, reste plus élevé qu’anticipé compte tenu de la baisse des prix à l’exportation», Citigroup estime que «le message implicite véhiculé par la RBA est que le niveau actuel du taux de change est encore loin d’avoir atteint le seuil récessif au-delà duquel elle serait forcée d’intervenir».
Le dollar australien progressait de 0,4% ce matin, à 1,046 contre le billet vert après la publication d’un déficit extérieur plus faible qu’attendu, à 178 millions de dollars locaux. La devise s’est appréciée de 2,6% en mars contre les dix principales devises suivies par Bloomberg.
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