La Réserve fédérale garde sa feuille de route inchangée
Les derniers indicateurs économiques, jugés plutôt encourageants outre-Atlantique, ont laissé le FOMC indifférent. Pour sa dernière réunion de l’année, le comité de politique monétaire de la Fed a confirmé son intention de mener à bien son programme d’assouplissement quantitatif de 600 milliards de dollars, à hauteur de 75 milliards par mois d’ici la fin juin 2011. Depuis le 12 novembre, la banque centrale a racheté pour 114,1 milliards de dollars de Treasuries. Les membres du FOMC ont également décidé de maintenir, une nouvelle fois, le taux des Fed funds dans une fourchette de 0 à 0,25% pour une «période prolongée».
«La reprise économique se poursuit, mais à un rythme insuffisant pour faire baisser le chômage», ont-ils justifié dans un communiqué. Les dépenses de consommation progressent à un «rythme modéré» et restent, comme cela est mis en avant depuis plusieurs mois, limitées par un fort taux de chômage, une croissance modeste des revenus, un patrimoine immobilier amoindri et un niveau de crédit restreint. Les mesures de l’inflation sous-jacente ont pour leur part continué de baisser.
Dernière statistique en date, les ventes au détail ont progressé de 0,8% au mois de novembre, soit plus que prévu. Il s’agit du cinquième mois de hausse consécutive. Une donnée jugée de bon augure à l’approche des fêtes de fin d’année et qui a soutenu Wall Street. Mais les opérateurs ont vu leur enthousiasme quelque peu douché par la vision plutôt pessimiste de la Fed. Sur le marché obligataire, le T-Note à dix ans a perdu du terrain dans le sillage de la publication du communiqué, avec un rendement en hausse à 3,49%, contre 3,28% lundi soir.
«Je suis quelque peu déçu que la Fed ne voie pas les choses de la même manière que les intervenants sur le marché. Elle se montre prudente. Ce n’est pas une source d’inquiétude, mais c’est décevant», a déclaré Andrew Wilkinson, analyste chez Interactive Brokers. Selon les observateurs, la Fed pourrait prendre son temps pour analyser l’effet du QE2 et l'évolution de la conjoncture avant d’annoncer de nouvelles étapes. Dans l’immédiat, rien ne semble devoir presser la Fed à changer son fusil d'épaule, alors que les regards sont aujourd’hui braqués sur les discussions fiscales à Washington.
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