La Réserve fédérale américaine ne se départ pas de sa prudence
Le contexte devra se détériorer davantage pour qu’un consensus émerge autour d’un troisième programme d’assouplissement quantitatif
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Antoine Duroyon
Au sein du FOMC, le mot d’ordre reste «wait and see». Les «minutes» de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Fed, qui s’est tenue les 19 et 20 juin, soulignent l'éventualité d’un troisième programme d’assouplissement quantitatif (QE3). «Plusieurs membres ont relevé que de nouvelles mesures de politique (monétaire) pourraient se justifier si la reprise économique venait à perdre de l'élan, si les risques baissiers sur les perspectives devenaient suffisamment prononcés, ou si l’inflation semblait pouvoir s’inscrire durablement sous l’objectif de long terme du comité (2%, ndlr)», révèle le compte-rendu.
Les avis restent partagés. Deux participants ont jugé des achats supplémentaires de Treasuries appropriés, tandis que deux autres ont estimé qu’ils ne seraient justifiés qu’en cas d’absence de «progrès satisfaisant» dans la baisse du chômage et d’une aggravation des risques baissiers. D’autres ont encore considéré que des achats excessifs de Treasuries pourraient «à un certain moment, conduire à une détérioration dans le fonctionnement du marché des emprunts d’Etat qui saperait alors les effets escomptés de la politique (monétaire)». Ils ont néanmoins concédé le fait que le risque d’une telle détérioration était «faible à l’heure actuelle».
«La Fed se montre prudente», analyse Mark Vitner, économiste chez Wells Fargo. «Nous ne sommes pas encore au stade qui justifie des achats de titres additionnels et une hausse supplémentaire du bilan. Nous devrons attendre un ralentissement plus prononcé avant que la Fed n’agisse», ajoute-t-il. Alors que la croissance s’est établie à 1,9% au premier trimestre, contre 3% au trimestre précédent, nombre d'économistes s’attendent à ce qu’elle ait poursuivi son ralentissement. Les données relatives à l’emploi sont également scrutées; le dernier rapport, postérieur à la réunion du FOMC, a fait état d’une création d’emplois limitée en juin (80.000 contre une prévision de 100.000).
Capitalisant sur les craintes liées à la croissance mondiale et à la situation européenne, les Etats-Unis avaient placé plus tôt dans la journée 21 milliards de dollars de Treasuries à dix ans dans le cadre d’une réouverture, à un taux de rendement de seulement 1,459%, bien en deçà des attentes.
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