La Réserve fédérale américaine maintient sa position attentiste
Après l’imbroglio budgétaire de ces dernières semaines, la Réserve fédérale américaine se donne le temps de souffler. A l’issue de sa réunion close hier, le Comité de politique monétaire (FOMC) a tranché en faveur du statu quo, confirmant ainsi les anticipations des investisseurs. Il maintient en l'état son programme d’achats d’actifs obligataires au rythme de 85 milliards de dollars par mois et conserve le niveau des taux directeurs proche de zéro.
Dans leur communiqué, les responsables de la politique monétaire américaine restent toujours aussi peu loquaces concernant la suite des événements. «Le Comité a décidé d’attendre davantage d'éléments montrant que les progrès seront durables avant d’ajuster le rythme de ses achats», indique le texte du FOMC, reprenant une formulation déjà employée en septembre.
L’appréciation que le FOMC a du contexte économique reste en outre proche de son commentaire habituel. Le changement le plus notable est sans doute la mention d’un certain ralentissement du secteur immobilier au cours des derniers mois. Le FOMC avait fait état le mois passé du «renforcement» de ce même secteur. En revanche, le communiqué ne fait plus référence au resserrement des conditions financières et à la hausse des taux des crédits immobiliers, ce qui lui donne une totalité légèrement plus stricte.
Si la Fed reste optimiste quant à la présence d’une «solidité croissante sous-jacente dans l'économie en général», elle demeure focalisée sur les indicateurs économiques, en particulier ceux concernant le marché du travail. «Les statistiques guideront le prochain mouvement de la Fed, et nous continuons à anticiper un flux de données qui ne justifiera pas un passage à l’action jusqu'à la réunion du FOMC de mars», estime Julia Coronado, économiste chez BNP Paribas.
Le rapport sur l’emploi pour le mois d’octobre devrait afficher une création décevante de 100.000 emplois non agricoles, «laissant résolument la Fed en mode «wait and see»» et confiant les rênes d’une sortie effective du QE3 à Janet Yellen qui assurera la relève de Ben Bernanke.
Neuf des dix membres du FOMC ont voté hier en faveur du statu quo. Seule Esther George, présidente de la Fed de Kansas City, a fait part de son opposition, jugeant que la politique accommodante de la Fed pouvait créer de l’instabilité financière et une inflation excessive.
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