La reprise économique reste très contenue dans la zone euro
L’activité économique dans la zone euro a augmenté un peu plus que prévu au troisième trimestre. Le PIB est ressorti en hausse de 0,2% par rapport aux trois mois précédents alors que le consensus tablait sur une croissance de 0,1%. Le PIB a crû de 0,8% sur un an.
Si l’Allemagne et la France ont vu leur PIB augmenter légèrement, de respectivement 0,1% et 0,3% au troisième trimestre, l’Italie connaît un nouveau repli, de 0,1% (il avait reculé de 0,2% au trimestre précédent). La conjoncture économique en Italie contraste avec celle de l’Espagne, qui a enregistré une croissance de 0,5% (contre 0,6%).
«La reprise reste contenue et fragile», préviennent les économistes de Barclays. «Dans ce contexte, nous continuons à penser que la BCE sera forcée de lancer un nouvel assouplissement monétaire via des achats de titres d’Etats d’ici à la fin du premier trimestre de 2015». «L’activité dans la zone euro va probablement ralentir à nouveau au quatrième trimestre de 2014», estime de son côté l’économiste d’Unicredit, Marco Valli même si «un taux de change plus faible […] et une baisse des prix du pétrole devraient fournir un soutien bien nécessaire à la croissance économique à l’avenir». Si Eurostat n’a pas publié le détail des composantes de l’augmentation du PIB pour tous les pays de la zone euro, les données détaillées par l’Insee ne sont pas aussi encourageantes que ne le laisse entendre le seul chiffre de croissance. Le PIB français du deuxième trimestre a été revu à la baisse à -0,1% (contre 0%). Surtout, l’augmentation du PIB de 0,3% au troisième trimestre masque un nouveau recul de l’investissement de 0,6% (après un repli de 0,7% et de 0,8% sur les deux premiers trimestres). Si la consommation des administrations publiques s’est accélérée (+0,8%), celle des ménages a ralenti à 0,2% (contre 0,3%). Les variations de stocks ont participé favorablement à l’évolution du PIB mais les échanges commerciaux y ont contribué défavorablement.
«La croissance de cette année est peu susceptible d’être plus élevée que celle de l’année dernière» (0,4%), assure Julien Manceaux chez ING qui pointe du doigt le risque de manque de reprise et de dynamique déflationnistes, en l’absence de réformes efficaces en faveur du pouvoir d’achat et de la compétitivité des entreprises en 2015.
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