Pénalisé par le commerce extérieur, le PIB nippon a progressé sur un rythme stable inférieur aux attentes de 0,3% au dernier trimestre 2013
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Patrick Aussannaire
L’Abenomics serait-il en train d’atteindre ses limites? La croissance du PIB japonais a une nouvelle fois déçu au dernier trimestre 2013 avec une hausse de 0,3% identique à celle du trimestre précédent, et en dessous de la fourchette d’estimation du consensus comprise entre 0,4% et 1,1%. A 1% en rythme annualisé, l’économie japonaise a progressé à un rythme plus faible que les 3,2% de croissance enregistrés par l’économie américaine, mais ressort également inférieure à celle de 1,1% dont a bénéficié la zone euro. De quoi «renforcer l’idée que la reprise de l’activité au Japon se rapproche dangereusement de l’essoufflement complet», selon SG CIB.
En cause: le commerce extérieur qui a retiré 0,5 point à la croissance, du fait d’une forte hausse des importations de 3,5% qui n’a pas été compensée par celle de 0,5% des exportations. Une contre-performance qui traduit néanmoins «une demande robuste en produits importés dans un contexte de solidité générale de la demande intérieure», estime CA CIB. La consommation a été le principal moteur de la croissance, avec une hausse de 0,5% sur le trimestre et une contribution positive de 0,3 point. Elle a pourtant déçu, le consensus anticipant un rebond plus fort de 0,7% avant la hausse du taux de TVA à 8% début avril.
Dans ce contexte, «la hausse prévue de la TVA va tester la confiance des investisseurs dans l’Abenomics. Elle pourrait notamment mettre en lumière les risques que la croissance n’affiche pas une reprise stable malgré les efforts de la BoJ. D’autant plus que le QE pourrait même s’avérer contre-productif si la chute du yen venait à peser sur la croissance en érodant le pouvoir d’achat des consommateurs», s’inquiète Citigroup. Après être tombé à 105,31 fin 2013, son plus faible niveau depuis octobre 2008, le yen s’est repris de 3,5% contre dollar depuis le début de l’année.
Le consensus table sur un statu quo de la BoJ à sa réunion qui se déroule aujourd’hui. L’autorité compte sur la baisse du rendement des obligations d’Etat à 10 ans à 0,59% et la hausse du taux d’inflation qui permettent à l’économie de bénéficier de taux réels négatifs. Mais aussi sur le plan de relance de 5.500 milliards de yens destiné à compenser partiellement les effets de la hausse de la TVA. Citigroup anticipe néanmoins qu’un nouveau geste de la BoJ sera nécessaire à partir de mai pour atteindre l’objectif d’une croissance de 1% en 2014.
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