La rentabilité des sociétés de gestion européennes demeure un sujet épineux
La collecte nette devrait rester positive en 2014 selon Fitch, qui met en lumière le recul des marges ces dernières années
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Benoît Menou
Illustration: PHB/Fotolia
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Si la croissance semble de retour pour le secteur européen de la gestion d’actifs en termes d’actifs gérés, la rentabilité demeure une préoccupation. Fitch Ratings relève dans son étude annuelle sur le secteur que le regain de confiance des investisseurs sur fond d’environnement macro-économique plus solide devrait permettre aux gestionnaires de continuer à engranger une collecte positive l’an prochain, après celles de 186 milliards en 2012 et de 110 milliards au premier semestre 2013 qui ont porté le montant des actifs à 15.700 milliards à fin juin.
Cette manne est pourtant répartie de façon bien inéquitable entre les différents acteurs. Les dix principaux ont reçu selon Fitch sur les trois dernières années la moitié de la collecte nette sur les obligations et les diversifiés et les trois quarts de celle sur les actions. Le goût retrouvé pour les actions de la part des investisseurs finaux constitue certes une bonne nouvelle pour le secteur, les commissions y étant en moyenne supérieures de 50% à celles sur les produits de taux.
Il n’empêche, l’analyse par Fitch des comptes de 24 gestionnaires révèle une baisse de 4 points de base à 40 pb de la marge sur actifs gérés entre 2010 et 2012, sous le coup notamment d’un mouvement vers la gestion passive. «Si elle n’est pas spectaculaire, cette baisse illustre le risque à long terme que constitue la pression sur la marge», assène l’agence, qui précise qu’en moyenne les gestionnaires indépendants s’en sortent mieux que les filiales de banques ou de compagnies d’assurance.
Aux côtés de la diversification et de la rationalisation de l’offre, l’innovation reste dans ce contexte pour Fitch un facteur-clé de succès. A l’occasion d’une table ronde organisée par l’agence, la présidente du directoire de Lyxor AM, Inès de Dinechin, a souligné que si l’innovation constituait un sujet d’intérêt permanent du fait d’un environnement en perpétuelle évolution, particulièrement aujourd’hui sur le front réglementaire ou en raison du rôle grandissant de la gestion du risque, elle était mise en avant lorsque la société de gestion entend «travailler sur les coûts». Le segment des fonds indiciels cotés (ETF) en est l’illustration, pour lequel une rationalisation des gammes doit se poursuivre côté actions tandis que le secteur peut encore faire preuve d’inventivité côté obligataire.
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