La remontée des rendements obligataires allemands fait débat
Malgré la légère détente d’hier, la violente correction infligée aux Bunds ces derniers jours fait débat. En une semaine, les rendements à 10 ans des obligations allemandes ont pris 20 points de base. Ils sont même passés temporairement dans la journée de lundi au-dessus de 1,9%, un niveau jamais atteint depuis mars 2012. Et en remontant à fin juillet, la correction atteint 37 points de base. Beaucoup d’analystes se demandent si le marché n’est pas allé un peu vite en besogne en vendant aussi massivement du Bund pour se placer sur des titres à plus forts rendements mais plus risqués, comme les obligations italiennes ou espagnoles, dans l’optique d’une reprise progressive de l’économie en zone euro.
«La croissance sera décente mais sans être spectaculaire», préviennent les stratèges taux de Commerzbank qui voient les rendements des Bunds se replier autour de 1,8% d’ici à la fin de l’année. Au deuxième trimestre, la croissance de la zone euro a atteint 0,3%, marquant la sortie de récession. Mais le consensus Bloomberg table encore sur un repli annuel de 0,6% de l’économie des 17 pays de la zone euro. «Cela implique un maintien de la politique accommodante de la Banque centrale européenne et des rendements sensiblement inférieurs», indiquent les analystes de Commerzbank.
Pour beaucoup de stratèges, les Bunds ont été survendus ces derniers jours. La faiblesse des volumes sur le marché en plein cœur d’un été extrêmement calme a amplifié le mouvement. Les indicateurs techniques permettant de mesurer si les obligations sont survendues, ou au contraire «surachetées», sont revenus à un niveau proche de celui du 24 juin dernier, date à partir de laquelle les Bunds avaient enchaîné un rally haussier de trois semaines, avec une baisse de près de 30 points de base des rendements.
De là à entrevoir le même mouvement dans les prochains jours? Les stratèges taux de BNP Paribas préfèrent ne pas sauter le pas. «Pour espérer un rally sur le bund, il faut des conditions préalables, comme des statistiques économiques décevantes ou un événement qui pourrait réduire l’appétit pour le risque», expliquent-ils. Or, selon eux, «à court terme, il est difficile de prévoir de tels facteurs déclenchants». Même le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaeuble, s’est joint au débat hier en affirmant pour sa part que les rendements allemands sont trop faibles.
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