La régulation sur les dérivés met au défi utilisateurs et régulateurs
A compter du 12 février 2014, toutes les entreprises qui utilisent des dérivés devront les déclarer auprès d’un référentiel central. La mise en œuvre de la régulation européenne sur les produits dérivés n’est pas seulement un défi pour le secteur privé mais aussi pour le régulateur français qui doit remplir de nouvelles missions avec un budget serré.
L’obligation de déclaration de tout nouveau contrat dérivé (quel que soit son mode de négociation et au plus tard le jour ouvrable suivant sa conclusion) est issue de la régulation Emir. Celle-ci doit permettre aux régulateurs d’avoir une vision globale du marché et, de cette manière, de mieux prévenir les risques pour la stabilité financière.
«Que tout soit parfait le 13 février, ce serait étonnant», reconnaît Benoît de Juvigny, secrétaire général de l’Autorité des marchés financiers (AMF). «Certains intervenants ont toujours pensé qu’ils bénéficieraient de délais supplémentaires. Mais le calendrier était inscrit dans le règlement. La mobilisation a été un petit peu tardive, mais elle est significative», notamment du côté des banques.
Se conformer aux obligations d’Emir s’est révélé d’autant plus complexe que les délais de préparation ont été très courts. Ce n’est que le 7 novembre dernier que l’autorité européenne des marchés (Esma) a fixé définitivement le calendrier des obligations de déclaration en annonçant l’enregistrement des premiers référentiels centraux. Les exigences de reporting seront étendues dans les trois prochaines années à tous les contrats en cours ou conclus après l’entrée en vigueur d’Emir, soit en août 2012.
Benoît de Juvigny ne cache pas que toutes les données transmises aux six référentiels centraux reconnus aujourd’hui en Europe ne seront pas immédiatement exploitables. «Nous aurons probablement un travail de fiabilisation des données à faire dans un premier temps». Et d’ajouter «Emir est chronophage pour l’AMF. C’est un pan de régulation supplémentaire qui n’existait pas et qu’il va falloir entretenir et faire vivre.»
Les quelque 450 collaborateurs de l’AMF ne suffisent guère à remplir cette tâche, reconnaît le régulateur. «Nos ressources budgétaires ne sont pas suffisantes pour nous permettre d’augmenter les effectifs de l’AMF, sauf de manière très marginale. Nous essayons donc d’adapter notre organisation et nos priorités et de jouer, dès que possible, la carte du redéploiement interne».
Plus d'articles du même thème
-
Martine Legendre (Allianz France) : « En non-coté, on n'achète pas un produit mais une équipe»
Martine Legendre a passé dix-neuf ans à la tête des investissements alternatifs d'Allianz France, construisant un portefeuille qui pèse aujourd'hui près de huit milliards d'euros. À l'heure de passer la main, elle revient sur une carrière marquée par l'émergence successive de classes d'actifs qui n'existaient pas encore à son arrivée, les erreurs qui instruisent, et les constantes qui résistent à tout. -
Le marché fait le tri parmi les sprinters de l'IA
Trois ans et demi après le lancement de ChatGPT, les investisseurs ne sont plus à l'heure de parier sur une révolution industrielle suscitée par l’intelligence artificielle. Ils discriminent désormais les Microsoft, Amazon, Apple et consorts sur leurs capacités à en monétiser l'essor au plus vite. -
Ontario Teachers' crée un poste dédié à l'intégration de l'IA dans les placements
Le fonds de pension des enseignants de l'Ontario nomme Feifei Wu à la tête d'une fonction nouvellement créée, à l'interface entre la technologie et les équipes d'investissement. -
L’autorité de contrôle du bio aux Pays-Bas a sélectionné un prestataire pour ses pensions
L’organisme administratif indépendant vient de confier un mandat portant sur la pension de retraite d’entreprise de ses employés. -
Inarcassa affiche un résultat d’exploitation en hausse pour 2025
La Caisse de retraite italienne des ingénieurs et des architectes indépendants vient de publier ses résultats pour l’exercice 2025 qui confirment la normalisation du régime. -
Adia réalise un investissement stratégique dans le numérique
L'Abu Dhabi Investment Authority a annoncé sa participation à la levée de fonds d’une société singapourienne spécialisée dans l’IA et les centres de données.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- Nordea AM remporte un mandat de près de 1 milliard d’euros auprès d’ABN Amro IS
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
Contenu de nos partenaires
-
Castelbajac, l’art en liberté
À Toulouse, une rétrospective majeure consacre Jean-Charles de Castelbajac. Plus qu’un créateur de mode, une figure totale qui a toujours refusé les frontières — et qui trouve aujourd’hui dans le musée un terrain à sa mesure. -
Marrakech, côté cour
Sous l’impulsion d’un couple de passionnés franco-libanais, le Palais Beit al Noor fait rimer art de vivre marocain et hospitalité libanaise à Marrakech. -
EmbouteillageMélenchon, Attal, Retailleau, Philippe, Glucksmann, un meeting avant l'été et ça décolle ?
Entre le 30 mai et le 5 juillet, plusieurs candidats à la présidentielle de premier plan tiendront meeting. Pourquoi vouloir lancer une dynamique juste avant que les Français ne partent en vacances ?