La rechute du marché résidentiel américain se confirme
L’immobilier américain s’enfonce bel est bien dans un double creux («double dip»). L’indice S&P / Case-Shiller, reflet du prix des logements américains, est retombé à 139,27 à un centième de son niveau le plus bas d’avril 2009, a annoncé hier Standard & Poor’s. La légère reprise du marché, au premier semestre 2010, soutenue par les mesures fiscales, est donc complètement effacée. Depuis le point haut de 2006, les prix ont reculé de 32,6 %.
Dans certaines villes, la chute depuis le sommet de la bulle est vertigineuse. L’indice s’est écroulé de près de 60 % à Las Vegas, et de près de 50 % à Detroit. Dans ces villes, ainsi qu’à Atlanta et à Cleveland, les prix du résidentiel sont même passés sous leurs niveaux de l’an 2000. A Detroit, ils y sont inférieurs de 30 %.
La tendance ne semble pas près de s’inverser. En février, l’indice qui regroupe les vingt premières villes du pays est ressorti en baisse de 3,3 % sur un an, soit le repli le plus marqué depuis novembre 2009. L’immobilier américain manque de facteurs de soutien. Les récentes publications sur l’immobilier «confirme que la reprise est lente, explique David Blitzer, le président du comité de l’indice. Les ventes dans l’ancien et les mises en chantier ont progressé en mars mais restent proches de leurs récents points bas. Les défauts sur les prêts hypothécaires ont baissé au quatrième trimestre 2010 mais ne sont pas éloignés des sommets historiques».
Or, dans cet environnement encore sombre, des vendeurs potentiels ont reporté la cession de leurs biens. Une fois que la demande se redressera, ces actifs pourraient revenir sur le marché, renforçant encore le stock d’offres déjà énorme, explique Bricklin Dwyer, économiste chez BNP Paribas.
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