La récente correction boursière reste insuffisante pour viser plus haut
Nos indicateurs de surchauffe étaient concordants et formels en juin: l’intensité de la hausse des marchés actions de par le monde engendrait une forte probabilité de correction généralisée, confortée par un optimisme excessif au sein de la classe des investisseurs, souvent synonyme de retournement prochain.
Cela n’a pas manqué de se produire, le S&P 500 ayant reculé de -5.5%, l’EuroStoxx de -11% et le MSCI émergents de -15%. Après une telle déconvenue, il n’est pas étonnant de voir ces mêmes marchés actions rebondir fortement depuis 10 jours (respectivement +4,3%, +5,5% et +6,6%) sans pour autant dépasser à nouveau leurs précédents plus hauts.
C’est bien là l’essentiel: nous ne pensons pas que les conditions soient actuellement réunies pour que les marchés actions reprennent leur marche en avant, en particulier aux Etats-Unis, qui reste le marché directeur. Pour quels motifs? D’une part pour des raisons historiques: comme on le constate sur le graphique ci-dessous, le S&P 500 progresse désormais sans discontinuer (à savoir sans connaître de consolidation d’au moins 10%) depuis octobre 2011, soit 461 jours ouvrés. Même si l’environnement de marchés a été très propice à l’expansion des multiples de valorisation outre-Atlantique, une hausse aussi longue a rarement été observée dans l’histoire: depuis 1928, le S&P 500 a dans 93% des cas corrigé d’au moins 10% après avoir enregistré une hausse ininterrompue comme celle qu’il connaît actuellement.
D’autre part, la microéconomie pourrait commencer à jouer des tours aux investisseurs avec la publication des résultats du deuxième trimestre. Les premiers effets du tour de vis en termes de dépenses publiques ne sont survenus qu’au cours du trimestre qui vient de se terminer, ce qui pourrait peser sur les chiffres d’affaires.
En outre, les marges des entreprises américaines, qui dépassent très largement leurs précédents sommets de 2006-2007, devraient être sous pression dans les mois à venir: elles ne bénéficieront plus de l’importante baisse des prix de l’énergie et des charges financières (qui sont désormais largement derrière nous) et seront progressivement pénalisées par des contraintes fiscales qui ne peuvent qu’augmenter.
Dans ces conditions, nous considérons qu’il convient de rester prudent durant l’été à l’égard des marchés actions américains, et par extension européens et émergents.
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