La recapitalisation directe des banques européennes franchit une étape politique
Le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourra bien étoffer d’ici à la fin de l’année son arsenal d’un outil très attendu, en l’occurrence l’instrument de recapitalisation directe des banques. Tel est le message confirmé hier par le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem dans la foulée de l’accord conclu entre les Etats membres de la zone euro. Le MES précise tout de même qu’il s’agit d’un accord politique «préliminaire», le nouvel instrument ne pouvant devenir opérationnel qu’à l’issue d’un processus de ratification par l’ensemble des Etats membres et après un vote unanime du conseil des gouverneurs du MES.
Il s’agit donc pour les Etats d’assurer la bonne fin de la manœuvre, qui consiste en la création d’un filet de sécurité destiné à rassurer les marchés en permettant d’assurer le cas échéant la recapitalisation d’un établissement en péril directement par le fonds de secours européen. Le calendrier est serré, puisque le nouveau mécanisme doit pouvoir tenir ses promesses en fin d’année, au moment de la prise de pouvoir de la Banque centrale européenne en tant que superviseur bancaire unique pour les principales banques et de la publication des résultats de ses tests de résistance.
La recapitalisation directe par le MES n’interviendrait naturellement qu’en dernier recours et après appel aux créanciers privés et à l’Etat concerné. En aucun cas le mécanisme ne pourra être utilisé à titre de précaution. Sa capacité d’intervention sera limitée à 60 milliards d’euros, pour une puissance de feu maximale de 500 milliards allouée au MES. Ce dernier a souligné hier les conditions d’éligibilité au programme de soutien direct aux banques ainsi que la procédure à suivre, passant par l’approbation d’un plan de restructuration de l’établissement et par le partage du fardeau entre MES et Etat (20% des besoins sur les deux premières années du plan d’aide pour ce dernier, 10% par la suite).
En «règle générale», le fonds européen deviendra alors actionnaire de la banque soutenue. Un actionnaire aux pouvoirs étendus, susceptible de nommer ou de révoquer des membres du conseil d’administration ou de la direction, ou d’imposer les modalités de rémunération. La participation au capital serait toutefois «temporaire par nature» selon le MES, qui «sera activement à l’affût d’opportunités de sortie».
Plus d'articles du même thème
-
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies. -
En août, vos opérations de change peuvent vous coûter beaucoup plus cher
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d’oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
M&G nomme un ancien dirigeant de H.I.G. à la tête de sa plateforme d’infrastructures
John Bruen rejoindra Infracapital le 1er septembre, en remplacement de Martin Lennon, qui partira à la retraite. -
La Banque Postale se dope à la marge nette d’intérêt
Comme le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, la filiale bancaire du groupe La Poste bénéficie à plein de la configuration des taux, alors que la contribution de CNP Assurances marque le pas.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- Un gestionnaire d’actifs saoudien liquide un fonds géré par un gérant français
- BNP Paribas et Natixis vendent l’éditeur de logiciels SLIB à Objectway
- Raphaël Zenou rejoint Natixis IM pour développer les ETF
- Amundi surfe sur une vague de records au deuxième trimestre 2026
- Le taux d’opposition des gérants en assemblée générale reste élevé
Contenu de nos partenaires
-
Droit d'inventaireMégafeux : que valent vraiment les 116 000 hectares de forêt brûlés ?
Du stère de bois au plaisir de savoir qu’il existe une forêt, en passant par le puits de carbone, les mégafeux interrogent la valeur des écosystèmes et ce qu’on est prêt à payer pour les préserver -
Think againGuerre au Moyen-Orient, droits de douane, Fifa, IA, immigration et mégafeux… Un drôle d’été !
« Dans notre nouvelle ère, la vérité semble aussi partie à la plage. Mais justement, l’élection qui arrive doit déterminer si cette vérité va revenir à sa place au pouvoir ou si nous installons en majesté les drôles populistes avec leurs drôles de programmes » -
Peau de l'oursDésarmement du Hamas : malgré Donald Trump, rien n'est gagné
Alors que le président américain vante un accord inédit à Gaza, Israël et la milice se renvoient la balle