La RBA fait de la baisse du dollar australien un objectif de politique monétaire
Si la banque centrale australienne a laissé, comme attendu, son principal taux directeur au niveau historiquement bas de 2,75% à l’issue de la réunion mensuelle de son comité, elle a clairement fait de la baisse du dollar local un objectif de sa politique monétaire. «Le dollar australien s’est déprécié d’environ 10% depuis début avril, même s’il reste à un niveau élevé», a indiqué le gouverneur de la RBA, Glenn Stevens, dans le communiqué.
La devise cédait 0,8% contre dollar hier suite à l’annonce, à une parité de 1,0878. Depuis le 11 avril, elle affiche un recul de 15% contre le billet vert après avoir atteint la semaine dernière son plus faible niveau depuis le mois de juillet 2010. La dépréciation atteint 16% contre euro depuis le 2 avril, et même 15% contre yen depuis le 10 avril. Un affaiblissement qui est plus à mettre sur le compte du ralentissement de l’économie chinoise, qui concentre 30% des exportations du pays, que de l’assouplissement de la politique monétaire de la RBA, selon Citigroup. Ce qui fait même du dollar australien «une devise de l’ombre» ballottée par la croissance chinoise, selon Mansoor Mohi-Uddin, directeur de la stratégie chez UBS.
Dans ce contexte, Glenn Stevens a estimé de manière opportuniste qu’«il est possible que le taux de change se déprécie davantage au fil du temps, ce qui pourrait aider au rééquilibrage de la croissance de l'économie». Un soutien précieux à la croissance, alors que le nouveau premier ministre, Kevin Rudd, évoque même le risque d’une possible récession sur fond de fin de l’explosion du secteur minier tiré par la demande chinoise. La RBA s’attend elle à ce que l’économie continue de croître à un rythme inférieur à sa moyenne de long terme. L’OCDE a abaissé ses prévisions de croissance du PIB australien de 0,4 point à 2,6% pour 2013.
Or, «plus le dollar australien se déprécie, plus la probabilité d’une nouvelle baisse des taux directeurs se réduit», comme l’indique Joseph Capurso, stratégiste chez Commonwealth Bank of Australia. La RBA conserverait de fait ses marges de manœuvre.
D’autant qu’«une hausse de l’inflation est une perspective lointaine, la faiblesse de la devise ayant fait peu pour déstabiliser le marché des actifs domestique, les actions et les obligations suivant la tendance globale», estime Citigroup. Pour l’heure, les marchés anticipent une baisse de taux de 25 pb en août avec une probabilité de 38%.
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