La querelle commerciale transatlantique se double d’un volet fiscal
Les 28 de l’Union européenne, qui se retrouvent aujourd’hui au plus haut niveau, feront tout pour éviter un choc commercial frontal avec les Etats-Unis.
Mais en ouvrant hier un nouveau front fiscal, ils ont pris le risque d’aggraver un contentieux bilatéral déjà lourd.
Côté commercial, les négociations se poursuivent intensément.
Le ministre allemand de l’Economie s’est précipité ce week-end à Washington, avant de laisser place à la Commissaire au Commerce de l’Union, Cecilia Malmstrom.
A Bruxelles, où des mesures ciblées de rétorsion sont évoquées comme un épouvantail, on ne désespère pas d’obtenir une exemption des taxes annoncées par la Maison-Blanche sur l’acier et l’aluminium.
Mais la négociation n’est pas gagnée sur un sujet où l’Europe, première puissance commerciale du monde, a beaucoup à perdre.
Dans ce contexte, la révélation à la veille du Sommet de la taxe de 3% sur une part du chiffre d’affaires des grands groupes de technologie ne doit rien au hasard.
Certains pays, dont la France, la soutienne considérant que les géants du numérique, les GAFA en particulier, doivent payer un impôt à la mesure de leur activité sur le continent, à défaut de connaître les profits qu’ils y dégagent.
Mais l’unanimité ne règne pas sur cette proposition, même présentée comme « temporaire » et ne ciblant pas seulement les groupes américains.
A l’opposition irlando-luxembourgeoise, qui joue la montre en attendant une lointaine réforme globale de l’impôt sur les sociétés, s’ajoutent les réticences de Berlin qui craint qu’elle revienne à agiter le chiffon rouge sous le nez du taureau américain.
L’administration Trump, vent debout contre l’initiative, ne manquera pas d’angles d’attaques pour la torpiller.
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