La puissance de feu de la banque centrale russe doit être relativisée
Les marchés d’actifs risqués ont pris prétexte des quelques signes d’apaisement envoyés par le président russe Vladimir Poutine pour regagner une bonne partie du terrain perdu lundi. Entre d’éventuelles sanctions économiques, une fuite des capitaux, une chute du rouble et un risque de récession en 2014, la Russie a gros à perdre d’une escalade des tensions avec l’Ukraine. D’autant que sa banque centrale (CBR) n’a pas les coudées aussi franches qu’il y paraît.
La hausse de 1,5 point du taux directeur lundi n’a pas eu l’effet escompté, forçant la Bank Rossii à brûler au moins 10 milliards de dollars de réserves pour endiguer la baisse de sa devise. Pour Goldman Sachs, une partie de l’explication vient du fait que les pressions vendeuses sont d’abord alimentées par les particuliers, moins sensibles à l’argument des taux.
La banque centrale a par ailleurs dû modifier lundi soir sa politique de change. Le rouble évolue dans un corridor flexible, déterminé par rapport à un panier en dollars et en euros. Un changement de 5 kopecks de ce corridor équivalait à 350 millions de dollars d’intervention. La CBR a remonté ce seuil à 1,5 milliard afin de diminuer la sensibilité du corridor à ses interventions. La banque centrale a aussi indiqué qu’elle fixerait au jour le jour les paramètres de sa politique de change. De quoi lui donner plus de latitude à court terme pour empêcher la glissade de sa devise, qui s’est reprise hier face à l’euro et au dollar. «Le principal inconvénient de cette décision est qu’elle amène à se demander si le passage à un régime de change totalement flottant pour le rouble en 2015 interviendra dans les délais prévus», relève cependant Anna Zadornova, économiste chez UBS.
Avec 493 milliards de dollars de réserves de change au 21 février, la CBR paraît certes bien mieux armée que d’autres banques centrales des pays émergents pour intervenir sur les marchés. Mais les économistes d’ING relativisaient hier cette force de frappe. Sur ce total, 175 milliards sont logés dans les fonds souverains rattachés au ministère des finances, et 55 milliards détenus sous forme d’or. Restent 270 milliards, dont 120 milliards doivent être préservés pour couvrir l’équivalent de trois mois d’importations. «Cela laisse 150 milliards pour des interventions de change – un volume toujours conséquent, mais guère impressionnant comparé aux 10-12 milliards vendus sur la seule journée de lundi», souligne ING.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
Avec plusieurs années de retard, le constructeur aéronautique américain a arraché la certification du plus petit des 737 Max. -
Des investisseurs institutionnels s'opposent à l'abrogation des règles climat de la SEC
Les réponses institutionnelles à la consultation publique du régulateur financier américain sur l'abrogation de ses règles climatiques de 2024 montrent que l'enjeu dépasse le marché américain. -
BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
Il s’agit des premiers fonds monétaires tokenisés lancés sur le Vieux Continent par le leader mondial de la gestion d’actifs. -
Le vertige d’une fusion entre géants de la pharmacie peine à séduire les marchés
AstraZeneca et Bristol Myers Squibb explorent le scénario d’un mariage. L’union du laboratoire britannique et de son homologue américain donnerait naissance à un titan de la santé de plus de 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires et de 400 milliards de capitalisation. Or, les investisseurs sont circonspects. -
Amundi va retirer 26 parts d’ETF Ucits de la cote à la Bourse de Londres
Le gestionnaire d’actifs français a pris cette décision pour «concentrer le volume de transactions sur les lignes de négociation les plus utilisées». -
Prysmian accroît encore sa force de frappe sur le marché américain
L’acquisition d’Atkore pour une valeur d’entreprise de 3,8 milliards de dollars renforcera la présence du fabricant italien de câbles dans les équipements électriques.
ETF à la Une
First Trust et Global X ETFs rejoignent la course aux ETF spatiaux
- BNP Paribas est reconduit comme banque dépositaire par la caisse de retraite obligatoire des experts-comptables italiens
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
- Amundi surfe sur une vague de records au deuxième trimestre 2026
- ICE frappe fort en rachetant la plateforme obligataire MarketAxess
- La purge des stratégies «momentum» se poursuit
Contenu de nos partenaires
-
En pleine guerre au Moyen-Orient, les bénéfices d'Aramco s'envolent
En plein conflit régional, au deuxième trimestre, le premier exportateur mondial de pétrole a vu son bénéfice net ajusté s’envoler de 33 % sur un an, portant le bénéfice semestriel à 67,18 milliards de dollars -
PrudenceLa France durcit le contrôle des capitaux étrangers
Un seuil a été abaissé pour examiner plus fréquemment les mouvements de capitaux dans les sociétés sensibles. Mais des parlementaires ont plaidé récemment pour une véritable doctrine de sécurité économique -
Juger au mériteEntreprises : pourquoi les rémunérations s’individualisent
Après une pause post-Covid, les grands groupes français renouent avec les augmentations salarié par salarié