La politique du gouvernement hongrois fait dévisser le forint

La devise hongroise est au plus bas depuis dixmois face à l’euro. Le vote d’une réforme constitutionnelle controversée renforce les inquiétudes
Krystèle Tachdjian

La devise hongroise, le forint n’en finit plus de chuter. Après avoir franchi en fin de semaine dernière la barre symbolique des 300 forints pour un euro, la devise a atteint hier son plus bas niveau depuis dix mois à environ 303 forints pour un euro. Budapest fait tout d’abord les frais de l’inquiétude liée à la nomination du nouveau président de la banque centrale hongroise intervenue début mars.

Le premier ministre conservateur Viktor Orban a choisi de nommer à ce poste un de ses proches, l’ancien ministre de l’économie György Matolcsy qui a aussitôt élargi ses prérogatives à la tête de l’institution. «Le cours du forint deviendrait plus tranquille si la nouvelle direction de la Banque centrale clarifiait ses plans pour l’avenir, sur sa politique monétaire et sur le forint», estime Janos Samu, analyste de Concorde Zrt cité par l’AFP. Le gouvernement hongrois est aussi critiqué pour ses réformes jugées contraires aux règles de l’Union européenne, notamment dans le domaine de la justice.

Malgré la mise en garde de la Commission européenne et de Washington, le Parlement hongrois a adopté hier à une majorité écrasante une série d’amendements constitutionnels destinés à limiter les pouvoirs de la cour suprême. Dans un courrier commun adressé le 6 mars au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, les ministres des Affaires étrangères allemand, danois, finlandais et néerlandais ont même appelé à des sanctions financières s’agissant du versement des fonds européens à l’égard des pays ne respectant pas le socle des principes démocratiques des Vingt-Sept.

La réforme a aussi été pointée du doigt par des organisations de défense des droits de l’homme qui voient dans ces amendements un signe de représailles après l’invalidation de plusieurs lois par la Cour constitutionnelle au cours des derniers mois. Viktor Orban compte sur les fonds publics européens pour sortir le pays de la récession avant les élections de 2014.

Selon les chiffres publiés la semaine dernière, l’économie hongroise s’est contractée de 2,7% au quatrième trimestre 2012 par rapport à la même période de 2011. Sur l’ensemble de l’année, le produit intérieur brut a chuté de 1,7%. Fin 2012, après un an de négociations avec l’Union européenne et le FMI, le pays s'était vu refuser l’octroi d’un prêt, la Hongrie ayant adopté des mesures budgétaires contraires à leurs recommandations.

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