La Place veut faciliter les émissions de billets de trésorerie pour les ETI
La Place de Paris aimerait aider les entreprises de taille moyenne à se financer en facilitant l’émission de billets de trésorerie et les placements privés. Les associations de place se sont retrouvées mardi à Paris à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) pour présenter à la Banque de France (BdF) leurs propositions.
Alors que beaucoup d’entreprises craignent d’avoir moins accès au crédit bancaire à l’avenir, les billets de trésorerie sont considérés comme un outil de diversification intéressant. «Ce qui bloque c’est le manque de connaissance par les sociétés de ces produits», explique Gérard Soularue, président de la commission économie et croissance de la CCI de Paris. Surtout, «les entreprises de taille moyenne ne souhaitent pas s’engager dans un processus de notation qui leur apparaît à la fois complexe et coûteux».
Or, la notation est un pré-requis pour émettre des billets de trésorerie, sauf si les émetteurs ont des titres cotés sur un marché réglementé européen. Pour contourner ce problème, certains aimeraient que les agences proposent des systèmes allégés d'évaluation de crédit pour les entreprises aux dimensions modestes. A défaut de convaincre les agences, les entreprises pourraient s’appuyer pour leurs émissions sur la cotation de la BdF qui évalue la capacité des entreprises à honorer leurs engagements financiers à trois ans. Reste à savoir si cela est compatible avec les régulations en vigueur.
Les professionnels espèrent par ailleurs établir d’ici à la fin de l’année une charte contenant un cadre juridique de référence pour les placements privés européens (baptisés Euro PP) et régissant les relations entre les différents acteurs. Cette charte permettrait de développer les placements privés d’entreprises françaises alors qu’un certain nombre ne peuvent accéder aux formats de placements américains et allemands (US PP et Schuldschein).
Le groupe de Place dédié travaille à modifier et enrichir le cadre déjà proposé par l’Amafi. Les investisseurs «n’ont pas forcément la liquidité et souhaitent compenser notamment par des clauses protectrices dans la documentation du placement privé», explique Stéphane Blanchoz, responsable de la gestion obligataire alternative chez BNPP AM. «L’émetteur doit accepter le principe de communiquer des informations financières entre la mise en place de l’Euro PP et son arrivée à maturité», ajoute Guy Sylvestre, co-responsable global capital markets à la Société Générale.
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