La perspective d’un dollar durablement faible donne des ailes au renminbi
La Chine aurait-elle décidé de débrider le yuan? En une semaine cette monnaie sous haute surveillance aura connu une hausse de 0,8%, franchissant pour la première fois depuis 1993 la barre des 6,40 renminbi (RMB) contre un dollar et établissant en séance un plus haut historique à 6,3890.
Si la question se pose, ce n’est pas tant du fait de l’ampleur de cette progression hebdomadaire, que de son timing. Ces dernières années, les points d’inflexion de la parité RMB-dollar ont toujours correspondu à une nécessité politique de réagir face à des enjeux économiques majeurs. Et chaque esquisse de tendance de la monnaie chinoise aura pu légitimement être interprétée comme une déclaration de principe de la part de Pékin.
Cette fois-ci, la subite accélération encadrée par la banque centrale –la parité est fixée quotidiennement et celle-ci peut évoluer dans une fourchette de + ou - 0,5%– fait suite d’une part à la dégradation de la note de la dette des Etats-Unis, et d’autre part coïncide quasiment avec l’annonce de la Réserve fédérale du gel de ses taux directeurs jusqu’à courant 2013, dans un discours qui, en plus, n’a pas fermé la porte à un nouveau plan de rachat des obligations d’Etat.
Pour la Chine un tel scénario signifierait la répétition des conséquences du QE2; à savoir un dollar faible, des prix des matières premières élevés et la certitude de voir affluer en masse des capitaux attirés par la croissance chinoise et une monnaie jugée condamnée à s’apprécier.
Assise sur une montagne de dollars placés en bons du Trésor américains, la Chine fait également face à une inflation au plus haut depuis trois ans, à 6,5% en juillet.
Prenant acte des mauvaises perspectives de l’économie mondiale, Pékin pourrait donc juger préférable de pénaliser ses exportateurs en accélérant l’appréciation du RMB et ainsi mieux lutter contre l’inflation, favoriser la consommation intérieure et cesser d’amasser des dollars à tout prix. Surtout, alors que se profile une année électorale compliquée chez beaucoup de ses partenaires commerciaux, cette décision pourrait désamorcer les tensions qui ne manqueront pas d’apparaître lorsque, sur fond de crise de la dette, il sera question de la Chine, de sa monnaie et de son déficit commercial.
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