La performance des ABS auto européens se dégrade légèrement
La performance des titrisations européennes de prêts automobiles (ABS Auto) s’est détériorée alors qu’elle avait plutôt bien tenu jusqu’à présent, selon l’agence de notation Standard and Poor’s. Les ABS auto pourraient continuer à pâtir de la montée du chômage en Europe. Cela n’a pas empêché le marché d’être dynamique au second trimestre.
Selon S&P, les arriérés de plus de 90 jours sur les prêts sous-jacents à ces titrisations ont augmenté entre le premier et le deuxième trimestre 2012. Ils sont passés de 0,42% à 0,46%. C’est la première fois que l’agence constate une hausse de ces arriérés depuis la mi-2009. Les autres indicateurs de performance suivis par Standard and Poor’s n’ont pas vraiment évolué, y compris celui des pertes.
Alors que les pays périphériques de la zone euro sont soumis à des plans d’austérité drastiques, les arriérés de trois mois ou plus sont restés stables au Portugal et en Espagne, à respectivement 1,7% et 2,2% (ils étaient passés à plus de 7% et 3% l’été 2010). Le nombre de prêts très problématiques a en revanche progressé en Allemagne. Ils sont passés de 0,21% à 0,25% entre les deux premiers trimestres. «La divergence entre les performances des transactions dans les pays core et les pays périphériques constatée depuis le troisième trimestre de 2010 s’est un peu réduite », souligne S&P.
La performance des prêts automobiles pourrait encore se dégrader alors que l’agence s’attend à ce que le taux de chômage dans la zone euro passe de 8% cette année à 8,5% en 2013. Cela n’empêche pas le marché des ABS Auto d’être plutôt dynamique. Selon Standard and Poor’s, il y a eu 8 émissions de titrisations de prêts automobiles au deuxième trimestre pour 6,1 milliards d’euros. C’est bien plus qu’au premier trimestre où trois transactions avaient été réalisées pour 1,6 milliard d’euros. Depuis 2007, seul le premier trimestre de 2011 avait connu un volume d’émission plus important (à 6,8 milliards d’euros).
Ces émissions ont notamment été le fait de Volkswagen Bank (avec la transaction Private Driver 2012-1 pour 952,5 millions d’euros) et de la banque captive de constructeur automobile Renault, RCI Banque (avec la transaction Cars Alliances Auto Loans France 2012-1 pour 852,3 millions d’euros). Selon S&P, près de 30% des ABS Auto européens existants ont été émis par Volkswagen et 23% par Renault, contre 4,20% par Peugeot.
{"title":"","image":"78803»,"legend":"titrisations»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les Européens s'entendent pour finaliser l'accord commercial avec les Etats-Unis
Cet accord provisoire, qui doit être approuvé par le Parlement en juin, devrait permettre à l'Union européenne d'éviter de nouvelles mesures de rétorsion de la part de Donald Trump. -
Eurazeo prend une part majoritaire dans le groupe allemand de cybersécurité Nextron
Il s'agit du deuxième investissement de PME V et le cinquième hors de France pour l'équipe Elevate d'Eurazeo -
Des fonds de pension américains s'alarment de la gouvernance prévue pour l'introduction en Bourse de SpaceX
Trois grands investisseurs de long terme gérant plus de 1.000 milliards de dollars d'encours combinés ont interpellé les dirigeants de SpaceX sur la structure de gouvernance envisagée pour son introduction en Bourse, jugée la plus favorable au dirigeant jamais soumise aux marchés publics américains à cette échelle. -
L'UMR alloue 350 millions d'euros au « bien vieillir » sur quatre classes d'actifs
L'UMR, expert de l'épargne retraite du Groupe Vyv, déploie 350 millions d'euros entre 2025 et 2030 sur quatre classes d'actifs au titre d'une stratégie thématique dédiée au vieillissement. -
JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Lors de son Media Summit, JP Morgan AM a réaffirmé ses ambitions sur le segment des ETF obligataires actifs. La société de gestion américaine gère notamment 100 milliards de dollars d’encours sur ce segment. -
Le nombre de fonds de fonds européens se réduit, leurs encours progressent de 12% sur un an
Les stratégies de deux sociétés de gestion françaises se démarquent parmi les fonds les plus détenus dans les fonds de fonds européens selon l'analyse de Morningstar.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
Contenu de nos partenaires
-
Donald Trump participera au sommet du G7 en France en juin
Donald Trump sera présent au sommet du G7, prévu du 15 au 17 juin à Evian, a indiqué un responsable de la Maison Blanche. L'atmosphère s'annonce chargée entre le président américain et certains dirigeants européens -
L’âge d’or de l’extrait
Longtemps réservé aux initiés, l'extrait de parfum s'impose comme l'un des formats les plus convoités du marché dit « de niche ». Derrière ce phénomène se tient une promesse olfactive, mais aussi une réalité économique. -
Edouard Philippe visé par une enquête pour des soupçons de détournement de fonds publics
Paris - Alors qu’il fourbit ses armes en vue de la présidentielle, Edouard Philippe fait désormais l’objet d’une enquête menée par un juge d’instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion au Havre, ville dont il est maire. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile. Sollicité par l’AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d’instruction et de lui désigner un périmètre d’enquête. La lanceuse d’alerte, «Judith» (prénom modifié), «se félicite de l’ouverture d’une information judiciaire sur les faits qu’elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d’instruction», a réagi auprès de l’AFP son avocat Jérôme Karsenti. Les faits sont contestés depuis le début par l’ex-Premier ministre et actuel maire Horizons du Havre, dans les starting blocks pour la présidentielle. Edouard Philippe «prend acte de l’ouverture d’une information judiciaire. Il l’apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait de façon très sereine», a réagi auprès de l’AFP son entourage dans la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole. Contacté par l’AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n’a pas souhaité faire de commentaire. Contrat pas renouvelé Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise. La plainte consultée par l’AFP estimait que le juge d’instruction devait «apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique», un tiers-lieu d’innovation. Après ses alertes, la haute fonctionnaire s'était plainte d’avoir été écartée et harcelée moralement. Son contrat n’a pas été renouvelé. Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l’association LH French Tech. LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets. Le conflit d’intérêts «semble absolument évident», a considéré à l'époque la lanceuse d’alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023. «Opacité» «C’est le maire et son adjointe» qui, en tant que présidente de l’association, allaient «avoir la main sur des sommes considérables» pour «des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville», soulignait-elle. Sur le moment, elle s'était étonnée qu’Edouard Philippe, conseiller d’Etat, n’ait pas suspecté d’irrégularités. Elle assure avoir découvert plus tard que les services juridiques avaient alerté en vain sur un possible favoritisme. Cette haute fonctionnaire avait obtenu le statut de lanceuse d’alerte en janvier 2025, contesté par Edouard Philippe. A la communauté urbaine, la Cité numérique fut «tout de suite» désignée à la lanceuse d’alerte «comme un dossier principal», relatait-elle. Mais «dès les premiers mois», elle a constaté «une opacité dans la gestion de l’association» et ne comprenait pas son activité. Elle racontait qu’on lui avait fourni «des réponses très vagues sur les dépenses, la trajectoire financière», lui reprochant «des velléités d’ingérence». Fin 2021, obtenant finalement des chiffres, elle affirmait découvrir le «très faible niveau d’activité» de la Cité numérique mais surtout «la masse salariale» composée «de jeunes salariés» qui faisaient «un peu tout» pour «des salaires bruts au-delà de 60 voire 70.000" euros. L’association sera placée en liquidation judiciaire en 2023. Philippe GRELARD et Céline CORNU © Agence France-Presse