La Nouvelle-Zélande maintient le cap du resserrement monétaire
La Nouvelle-Zélande resserre l’étau monétaire sans discontinuer. Le gouverneur de la banque centrale (RBNZ), Graeme Wheeler, a justifié la nouvelle hausse des taux directeurs de 25 pb par l’importance de maintenir les anticipations d’inflation sous contrôle et par le nécessaire retour des taux d’intérêt «à un niveau plus neutre». A 3,25%, ils sont ainsi revenus sur leurs niveaux de début 2009.
En ligne avec les prévisions de l’autorité, Barclays table sur des taux directeurs à 3,75% fin 2014 et 4,5% mi-2015, contre un retour à 4,05% d’ici à juin 2015 anticipé par les marchés. «La RBNZ estime qu’un taux de 4,6% est en accord avec une politique monétaire neutre, le profil de ses anticipations suggérant qu’elle y arrive fin 2015», explique Barclays.
Le resserrement monétaire est justifié par les risques de bulle sur les prix immobiliers, et s’appuie sur une croissance qui devrait atteindre 3,5% cette année et 2,5% en 2015, selon le FMI. Les mesures de contrôle sur les crédits prises par le gouvernement fin 2013 pour freiner la surchauffe immobilière ont d’ailleurs eu le même effet qu’une hausse des taux de 30 pb, selon les estimations de la RBNZ. Après être passé de 3,13% en mai 2013 à un plus haut depuis l’été 2011 de 4,82% mi-décembre, le taux à 10 ans est ensuite retombé à 4,2% fin mai sur fond de rumeurs selon lesquelles la banque centrale pourrait observer une pause à sa prochaine réunion de juillet, avant de revenir à 4,42% hier.
Pourtant, la force du dollar néo-zélandais qui résulte de cette politique a conduit à un ralentissement de l’inflation à 1,5% en mars, forçant même la RBNZ à décaler d’un an son anticipation de son retour au milieu de sa cible de 2% à mi-2015. La décision de la RBNZ a d’ailleurs entrainé une hausse de la devise de 1,6% hier contre le billet vert. Monnaie du premier pays développé à avoir entamé le virage du resserrement monétaire, elle affiche la meilleure performance parmi les dix principales devises sur 2014, avec une hausse qui atteint 12,5% depuis août 2013.
A 1,1516, la parité est ainsi revenue à 0,7% de son point bas du 6 mai et à 1,3% de son record historique de 1,137 datant de juillet 2011. Si la RBNZ a effacé toute mention à la force de la devise dans son communiqué, son directeur adjoint, John McDermott, alertait hier sur le fait qu’elle «est une devise matières premières» et devrait évoluer à la baisse «si les marchés l’anticipent correctement».
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