La nouvelle loi de validation pour les prêts toxiques se fait attendre
Elections municipales obligent, les travaux parlementaires s’arrêtent cette semaine pour reprendre le 8 avril. Cette interruption de cinq semaines reporte d’autant l’adoption d’une nouvelle loi de validation pourtant promise «dans les meilleurs délais» par le gouvernement en décembre pour éviter que Dexia et la Société de Financement Local (Sfil) ne subissent de lourdes pertes du fait de litiges avec les collectivités.
Joint par L’Agefi, Bercy évoque un texte en avril ou en mai. Il y a un an, le TGI de Nanterre a obligé Dexia à appliquer le taux d’intérêt légal, faute de mention appropriée du taux effectif global (TEG), à des prêts accordés à la Seine-Saint-Denis. Encouragées par cette jurisprudence, les collectivités ont assigné en masse Dexia (qui avait reçu des assignations de 219 clients fin 2013) et la Sfil (199 assignations en septembre 2013).
Pour que ces contentieux ne menacent pas l’avenir de la Sfil et de Dexia, le gouvernement a fait adopter dans la loi de Finances 2014 un dispositif qui validait tous les prêts contractés avant la parution du budget et qui étaient contestés pour défaut de mention appropriée du TEG. Le Conseil constitutionnel a cependant censuré cette mesure, jugée trop large car applicable à toutes les personnes morales et à tous les types de prêts.
Le gouvernement a aussitôt réagi en promettant qu’«un véhicule législatif» serait préparé «dans les meilleurs délais» pour tenir compte des arguments du Conseil constitutionnel. Il s’était inquiété que, sans loi de validation, il devrait recapitaliser Dexia de 2,7 milliards d’euros et la Sfil de 2 milliards d’euros «dès le premier trimestre 2014 pour compenser la provision qui devra être enregistrée dans ses comptes pour couvrir les pertes liées aux contentieux déjà engagés». L’Etat redoutait même d’avoir à intervenir davantage dans la Sfil pour couvrir les 7,3 milliards d’euros de pertes potentielles liées à la totalité des prêts susceptibles de se voir appliquer la jurisprudence du TGI.
Au deuxième trimestre de 2013, Dexia a passé une provision de 62 millions d’euros relative aux crédits structurés en France et s’est contenté de prendre acte lors de la présentation de ses résultats annuels de la décision du Conseil constitutionnel et des promesses du gouvernement. La Sfil publiera un rapport financier après son assemblée générale en mai. Les provisions liées aux crédits structurés s’élevaient fin septembre dernier à 209 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Bridgepoint dépasse son objectif pour son fonds de prêt direct
Bridgepoint Direct Lending IV totalise 5,1 milliards d’euros dont 40 % ont déjà été investis, malgré les doutes qui planent encore sur le secteur de la dette privée. -
HSBC récolte les fruits de sa stratégie en Asie
Malgré son exposition au crédit privé, la banque britannique a publié des résultats semestriels en forte hausse par rapport à l’exercice précédent, la confortant dans sa stratégie et dans l’atteinte de ses objectifs annuels. Un programme de rachat d’actions d’un milliard de dollars a été annoncé. -
Pierre Pelouzet rempile à la médiation des entreprises
La continuité est privilégiée pour cette institution qui accompagne les entreprises dans le règlement amiable de leurs différends. -
Alstom garnit son carnet de commandes avec un nouveau contrat en Australie
Le constructeur ferroviaire reçoit une commande de trains de banlieue de 270 millions d'euros. -
Toyota trébuche en dépit de meilleures prévisions
La révision à la hausse des prévisions annuelles du constructeur japonais tient davantage à la faiblesse du yen qu'à ses fondamentaux, en recul pour le cinquième trimestre consécutif. Le titre a cédé 1,5% mardi. -
Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
Avec plusieurs années de retard, le constructeur aéronautique américain a arraché la certification du plus petit des 737 Max.
ETF à la Une
First Trust et Global X ETFs rejoignent la course aux ETF spatiaux
- BNP Paribas est reconduit comme banque dépositaire par la caisse de retraite obligatoire des experts-comptables italiens
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
- Amundi surfe sur une vague de records au deuxième trimestre 2026
- ICE frappe fort en rachetant la plateforme obligataire MarketAxess
- La purge des stratégies «momentum» se poursuit
Contenu de nos partenaires
-
L'air du largeGéopolitique fiction (3) - Europe 2027 : déchirures et escalades
Nouveau scénario, naturellement fictif, autour des ingérences qui pourraient perturber l'élection présidentielle de 2027 -
Série 16/28Livres politiques : les secrets (et les clichés) derrière le choix des titres
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Menaces« Cette attaque n’est qu’un avant-goût » : Raphaël Glucksmann et Léa Salamé victimes d’une campagne de désinformation russe
Après un faux article évoquant un « complot » en faveur de sa candidature à l’élection présidentielle, l’eurodéputé dénonce une « opération russe (...) identifiée, tracée, attribuée ».