La Norvège se prépare à lutter contre l’appréciation de sa couronne
Il n’aura pas fallu longtemps pour que les investisseurs trouvent des valeurs refuge de substitution au franc suisse, que la Banque nationale suisse (BNS) a décidé d’ancrer à l’euro le 6 septembre. Les couronnes norvégiennes et suédoises ont ainsi gagné plus de 2% face à l’euro depuis l’intervention de mardi. Mais les deux devises ont en fait vu leur statut de valeur refuge se renforcer progressivement depuis la dégradation de la note des Etats-Unis début août. Depuis lors, elles ont respectivement gagné 3,8% et 3,4% par rapport à l’euro.
Hier, la Norvège a été le premier des deux pays scandinaves à prévenir les investisseurs qu’elle ne laisserait pas sa monnaie s’apprécier indéfiniment. «Une couronne qui est trop forte peut se traduire dans le temps par une inflation trop basse et une croissance trop faible, a averti hier le gouverneur de la banque centrale de Norvège, Oeystein Olsen. Dans ce cas, des mesures de politique monétaire seront prises. En Norvège, le taux directeur est l’instrument adapté». Il est actuellement à 2,25 %. La Norges Bank dispose donc d’une marge de manœuvre que la BNS n’a pas, son taux de référence s'élevant à 0,25% seulement.
Par conséquent, il existe une «forte probabilité» que le taux de référence soit abaissée dès le 21 septembre, date de la prochaine réunion de la banque centrale, d’après la recherche économique de Citi.
Toutefois, cet instrument risque de ne pas suffire à dissuader les investisseurs de se positionner sur la couronne norvégienne. La Suisse et le Japon ont des monnaies qui font figure de valeurs refuge même si leurs taux de référence sont proches de zéro. Ainsi, le gouverneur de la Norges Bank pourrait finir par devoir intervenir lui aussi même s’il l’a exclu hier, d’après Greg Anderson, stratégiste devises chez Citi.
Le gouverneur de la Norges Bank a aussi essayé de dissuader les investisseurs en rappelant l'étroitesse du marché de la couronne norvégienne. Elle «peut fluctuer de façon importante en cas de turbulences internationales. Ce sera donc le cas le jour où les opérateurs décideront de liquider leurs positions sur la couronne. La porte de sortie risque d'être étroite si trop d’investisseurs décident de se retirer en même temps», a-t-il prévenu.
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