La nécessaire internationalisation du yuan reste un processus de longue haleine
La nouvelle orientation économique prise par les autorités chinoises passe par la libéralisation du renminbi, dont la PBOC a fait une priorité. Longtemps annoncé comme un objectif lointain, «le processus de convertibilité du yuan sur les comptes de capitaux va s’accélérer», a indiqué son gouverneur, Zhou Xiaochuan.
Le Conseil d’Etat a approuvé hier le lancement d’une zone de libre échange en renminbi dans la région de Shanghai qui, si elle «crée plus d’activité de financement en yuan, viendrait certainement concurrencer fortement le statut de Hong Kong en tant que centre financier des échanges en yuan», estime Billy Mak, professeur à l’Université de Hong Kong.
D’autant que le groupe de pression francfortois Main Finance prédit que la BCE serait en passe d’obtenir une ligne de swap de change en renminbi avec la PBOC destinée à favoriser les échanges bilatéraux entre les deux zones, de quelque 800 milliards de yuans (100 milliards d’euros). Un montant quatre fois supérieur à celui dont bénéficie la Banque d’Angleterre depuis le 24 juin, et deux fois plus important que celui de Hong Kong. HSBC estime que d’ici à 2015, un tiers des échanges dans la région asiatique seront libellés en monnaie chinoise, même si pour l’heure, 80% des échanges en yuan de la Chine sont réalisés avec Hong Kong, selon la BCE.
L’autorité européenne indiquait dans son rapport sur l’utilisation de l’euro publié mardi que «le poids croissant de la Chine dans l’activité et les échanges mondiaux ainsi que les efforts des autorités chinoises pour faciliter l’utilisation internationale du renminbi ont conduit à une utilisation accrue de la devise chinoise dans les échanges internationaux et, dans une moindre mesure, dans les marchés obligataires internationaux». Entre 2010 et fin 2012, la part des échanges chinois de biens en renminbi est passée de presque zéro à près de 10%, alors que les dépôts en yuan à Hong Kong atteignent 100 milliards de dollars, selon la BCE.
Si la Chine pèse 9% de ces échanges internationaux (contre 11% pour les Etats-Unis), la BCE met en avant le manque de profondeur et de liquidité des marchés financiers chinois encore soumis à de fortes contraintes, la restriction des comptes de capitaux, et une flexibilité limitée du taux de change qui limitent le développement de l’utilisation internationale du renminbi, notamment comme réserve de change.
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