La loi Macron se renforce d’un volet encadrant le versement de «golden hellos»
Le gouvernement français cherche à durcir le volet «social» de la loi Macron. C’est dans cette logique que la commission spéciale de l’Assemblée nationale a adopté hier un amendement à cette loi déposé par le député Laurent Grandguillaume visant à encadrer les primes de bienvenue, appelées «golden hellos», dont bénéficient certains dirigeants de grandes entreprises en France lors de leur prise de fonction.
«Dans le cadre des régimes de retraite à prestations définies, certaines sociétés procèdent au rachat d’années d’ancienneté au bénéfice de nouveaux dirigeants lors de leur arrivée», a expliqué son auteur. Le député souhaite ainsi mettre un terme à ce type de pratiques qu’il juge «antinomiques avec l’esprit de la prise de risque et donc avec l’esprit d’entreprendre».
Ce sont les nouveaux dirigeants (présidents, directeurs généraux, directeurs généraux délégués ou membres du directoire) des sociétés cotées qui sont visés par le texte. En interdisant le rachat de leurs années d’ancienneté par les entreprises, le gouvernement cherche à réagir à la polémique qu’avait suscitée l’indemnité forfaitaire brute de 2 millions d’euros versée lors de la prise de fonction du nouveau patron de Sanofi, Olivier Brandicourt. La même somme devait à nouveau lui être versée en janvier 2016, s’il est toujours en poste. Ce dernier avait également bénéficié d’un capital de dix ans d’ancienneté pour son régime de retraite complémentaire rachetés par Sanofi, alors que ces avantages sont normalement perdus dans le cas d’un changement d’entreprise classique.
S’il l’encadre plus fortement et pourrait s’avérer dissuasif pour le recrutement de personnes très proches de la retraite, cet amendement n’empêche pas l’attribution en soi du «golden hello» lors d’une prise de fonction et devrait en outre concerner un nombre très limité d’acteurs. Lors de la première lecture du projet de loi Croissance et Activité, le même Laurent Grandguillaume avait déjà fait adopter un amendement conditionnant le versement des «retraites chapeau» à la performance de la société et un autre encadrant les conditions dans lesquelles ces retraites sont octroyées aux mandataires sociaux. Ces différentes mesures visaient à éviter que les dirigeants puissent bénéficier d’une «retraite chapeau» malgré une durée de responsabilité limitée au sein de l’entreprise.
Plus d'articles du même thème
-
Spie confirme ses objectifs pour 2026 malgré le repli de sa production au premier trimestre
Les ventes du groupe ont été pénalisées par de mauvaises conditions météorologiques en Allemagne et en Europe centrale en début d'année. -
SAP rassure les investisseurs avec une forte hausse de ses profits
L'éditeur de logiciels allemand reprend des couleurs en Bourse grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes des analystes. -
Le CFO de crise est une vigie et un second dans la tempête aux côtés du dirigeant
En 2026, la multiplication des situations sensibles fait du CFO de crise un profil de plus en plus recherché. -
SCPI : l'indicateur de performance globale annuelle (PGA) se révèle imparfait
L'affichage de la performance globale annuelle est obligatoire pour les SCPI depuis le mois d'octobre 2025. Quoique votée par la majorité des gestionnaires immobiliers, la PGA, calcul partial, interroge certains acteurs et observateurs du marché. -
Forvia confirme ses objectifs pour 2026 en dépit d'un coup de frein sur ses ventes
La cession des éléments intérieurs qui représente quelque 4,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires est attendue à court terme. L'équipementier automobile y voit un moyen de réduire sa lourde dette. -
Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
L'action s'envole dans les échanges avant l'ouverture après que le groupe a également communiqué des prévisions optimistes.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Polymarket : un soldat américain poursuivi pour avoir parié sur la chute de Maduro
Le soldat Gannon Ken Van Dyke est accusé d’avoir détourné des informations confidentielles pour parier sur l’intervention américaine au Venezuela sur le site Polymarket. Il aurait gagné 400 000 dollars -
PatrimoineLes astuces à connaître pour bien remplir votre déclaration de revenus
Cette année, les déclarations de revenus doivent être envoyées avant le 5 juin au plus tard et elles contiennent quelques nouveautés. Pour les contribuables relevant de la déclaration simplifiée, l’exercice n’en est presque plus un. S’ils sont d’accord avec les montants préremplis, il n'y a quasiment rien à faire. Pour ceux qui ont des comptes à l’étranger, ont investi dans l’immobilier locatif ou ont des enfants étudiants ou majeurs vivant avec eux, voici comment remplir les bonnes cases et comprendre ce qui change. -
Trump annonce une prolongation de trois semaines de la trêve au Liban
Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse