La liquidation d’un CDO confirme l’appétit croissant des investisseurs

Les actifs d’Euromax IV MBS, un CDO de titrisations européennes variées, ont été cédés pour un montant de 90,6 millions d’euros à des comptes anglo-saxons
Tân Le Quang

La liquidation d’Euromax IV MBS, adossé à des titrisations paneuropéennes (CDO d’ABS) a animé l’actualité sur le marché de la titrisation. Originé en octobre 2005 et géré par Collineo AM, le CDO d’un montant initial de 206,5 millions d’euros, était adossé aux cash-flows de titrisations immobilières résidentielles (RMBS) et commerciales (CMBS) et de CDO. Suite à des baisses des notes des sous-jacents, un ratio de test de surdimensionnement (valeur des actifs sur encours des tranches) a été rompu, constituant un événement de défaut et déclenchant le 4 décembre la vente des actifs.

A la suite d’une mise aux enchères organisée par Henderson Global Investors des actifs Euromax regroupés par lot de 10 à 20 millions d’euros, le montant de cession a atteint 90,6 millions. D’après Henri de Mont-Serrat, analyste ABS & CDO chez Natixis, ce montant reviendra aux porteurs de la tranche senior A1, alors que la valeur totale des tranches s’élevait à 161,88 millions. «Le montant de la vente des actifs sera alloué au remboursement des notes par ordre de séniorité et ne sera probablement pas suffisant pour rembourser la tranche A1 dans son intégralité. Les notes subordonnées devraient, elles, subir une perte sèche», précise-t-il.

Selon Laurent Tournaud, managing director chez l’intermédiaire Cohen & Company, «la liquidation des actifs d’Euromax s’est bien passée, des banques et des investisseurs finaux anglo-saxons, les ont acquis à des prix plutôt ‘agressifs’». Mais l’expert ne s’attend pas à de nombreuses autres liquidations de CDO d’ABS européens exposés à une rupture de clauses: par rapport aux Etats-Unis, il y a eu peu de CDO d’ABS en Europe et «quasiment tous ceux qui devaient être liquidés l’ont été».

La liquidation d’Euromax confirme la tendance récente d’un appétit croissant des investisseurs et fonds de crédit américains opportunistes pour la dette mezzanine vendue par les banques européennes, qui a connu cette année un rally. «Depuis quelques semaines, il y a un appétit grandissant de la part de certains investisseurs pour des tranches mezzanine bien ciblées, offrant de bons rendements par rapport à leur risque intrinsèque», note Henri de Mont-Serrat. Pour illustrer ce propos, ce dernier indique que des tranches mezzanines de transactions se sont échangées «à un spread inférieur à celui des RMBS seniors irlandais ou portugais de vieux millésimes».

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