La hausse du franc va peser sur l'économie suisse
La Banque nationale suisse (BNS) semble avoir raté sa cible et mis son économie en situation de faiblesse. La hausse du franc suisse de 15% contre les principales devises qui a suivi sa décision de supprimer le taux plancher contre euro devrait ainsi «peser lourdement sur la croissance via une forte dégradation de la compétitivité du pays» en pénalisant «rapidement les carnets de commandes des entreprises manufacturières et par extension, les exportations, ce qui va se traduire une forte pression négative sur les profits», estime Natixis.
Le marché actions a d’ailleurs chuté de 14% sur les deux séances de jeudi et vendredi, alors que la moitié des exportations suisses sont tournée vers la zone euro.
Dans ce contexte, UBS a révisé fortement ses prévisions de croissance du PIB suisse à la baisse, de 1,3 point à seulement 0,5% cette année, et de 0,6 point à 1,1% en 2016. S’appuyant sur une croissance de l’activité estimée à environ 2% sur 2014 qui a ainsi largement dépassé celle de ses voisins européens malgré un taux de change surévalué, la BNS a fait volte-face pour justifier sa décision en estimant que cette surévaluation du franc s’était atténuée depuis 2011, c’est-à-dire en pleine crise souveraine de la zone euro. L’autorité considère désormais que le pays, et en particulier les entreprises, ont eu le temps depuis de s’adapter aux nouvelles conditions économiques. Pourtant, la réaction du marché des changes a été plus violente que prévu, et les «marges de manœuvre de la BNS semblent à présent limitées pour faire remonter l’inflation par les différents canaux de politique monétaire», estime BNP Paribas.
L’impact le plus sensible devrait ainsi se situer sur son niveau d’inflation, qui est déjà tombé à -0,3% au mois décembre, sous l’effet notamment de la forte chute du prix du pétrole. «Globalement, la décision de la BNS est un choc négatif qui conduira à un resserrement significatif des conditions monétaires en Suisse par l’intermédiaire du taux de change», estime BNP Paribas. La banque prévoit désormais une inflation à -1% en moyenne cette année, soit 0,4 point de moins que sa précédente estimation.
«Le maintien d’une inflation faible durant une période aussi longue devrait affecter la croissance nominale des salaires», ajoute BNP Paribas qui anticipe une phase de contraction au cours de l’année, entretenant ainsi les pressions déflationnistes et sur l’activité dans le pays.
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