La hausse de l’impôt sur les cessions d’entreprises prévoit plusieurs aménagements
Tous les entrepreneurs qui cèdent leur entreprise ne vont pas être imposés de la même façon. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2013, prévoit en effet plusieurs aménagements à l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR) des plus-values de cessions des parts d’entreprises. Il ne rassure pas les patrons pour autant.
Aujourd’hui, les gains de cessions des valeurs mobilières et de droits sociaux sont imposés au titre des prélèvements sociaux, à 15,5% et au titre de l’IR à 19%. Selon le gouvernement, cette imposition forfaitaire se fait «au bénéfice des ménages les plus aisés». Les revenus des 1.000 foyers disposant des plus hauts revenus sont composés à 78% de plus-values mobilières.
C’est donc au nom de l’«équité fiscale», pour rapprocher la fiscalité du capital de celle du travail et pour lever 1 milliard d’euros que le PLF propose de taxer les plus-values au barème de l’IR (de 5,5% à 45%). Compte-tenu de la taxation exceptionnelle sur les hauts revenus de 4% et de la déductibilité d’une part de la CSG, l’imposition pourrait monter jusqu’à près de 62%.
Les cessions réalisées en 2012 (la mesure est rétroactive), 2013 et 2014 pourront bénéficier d’un système de quotient variable en fonction de la durée de détention. Après 2015, les entrepreneurs pourront aussi bénéficier d’un abattement (à l’assiette de l’IR) indexée sur le temps de détention des parts. Il ira jusqu’à 40% pour une durée de détention de douze ans.
«On dit que vous êtes un bon entrepreneur si vous détenez votre entreprise au moins douze ans et c’est douze ans à partir du 1er janvier 2013», déplore Thomas Gross chez Sogedev, un cabinet de conseil en développement des entreprises.
Les entrepreneurs qui cèdent leur société pour partir à la retraite ou qui réinvestissent au moins 80% de leur gain dans une autre entreprise pourraient être exonérés de l’augmentation d’impôt.
Enfin, les patrons qui réalisent des plus-values en cédant des titres souscrits grâce à des bons de souscriptions de parts de créateurs seront exemptés. «Il y aura de moins en moins de cessions», estime cependant Georges Mereau du cabinet Actoria spécialisé dans la transmission.
C’est aussi l’avis du Medef pour qui la mesure «ne peut qu’aboutir à un effondrement économique». Il demande aux députés de supprimer la rétroactivité, de voter un abattement de 40% sur toute plus-value et d’exonérer les cessions de plus-values au-delà de 8 ans.
Plus d'articles du même thème
-
Le pétrole hésite face aux baisses et regains de tension entre l'Iran et les Etats-Unis
Oscillant autour de 90 dollars le baril, le pétrole brut monte avec les bombardements et descend avec les annonces de négociations. Toutefois, les stocks commencent à baisser, risquant de ne plus compenser le manque d'offre. -
Neura Robotics boucle un tour de table record de 1,4 milliard de dollars auprès d'Amazon, Nvidia et Tether
La start-up allemande de robotique a bouclé, mercredi 10 juin, un tour de série C qui la valoriserait 7 milliards de dollars. -
La Cour des comptes vole au secours de la niche Copé
Malgré son coût élevé, la niche Copé conserve les faveurs de la Cour des comptes. La juridiction financière juge ce dispositif fiscal utile pour préserver la compétitivité française. -
Le Groupe Orion se dote d'une société de gestion
L’acteur de la gestion de patrimoine présent en B2B via une plateforme et en B2C avec un réseau de cabinets rachète Fideas Capital, un gérant aux 800 millions d'euros d'encours spécialisé dans la gestion quantitative. -
L’heure du choix approche pour UniCredit sur Commerzbank
La banque italienne est en mesure de détenir au moins 40% de sa rivale allemande, ce qui lui offrirait un contrôle de fait sur l'entreprise. Paradoxalement, UniCredit aurait peut-être pourtant intérêt à rester sous ce seuil pour le moment. -
Prodige de BarcelonaTech, Theker boucle une des plus grosses levées de la robotique en Europe
Issue de l'Universitat Politècnica de Catalunya, qui abrite l'un des pôles européens les plus dynamiques en robotique, la jeune pousse catalane lève 85 millions de dollars lors d'un financement de série A mené par CRV, associé à Cathay Innovation, Samsung et LVMH.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreEt si votre plus grand risque numérique n’était pas un piratage, mais un pot de départ ?
Alors que les entreprises rivalisent d’investissements en intelligence artificielle, l'auteur pointe une menace autrement plus silencieuse : la perte massive de savoir opérationnel entraînée par les départs en retraite. Une urgence que ni un outil, ni un budget IT ne règlera seul -
Un autre âge« Ça paraît fou » : l'effroyable réalité sur les outils de travail des procureurs
Malgré des alertes répétées, les parquetiers travaillent avec des logiciels obsolètes qui les empêchent de suivre correctement leurs dossiers -
Tour d'écrouLa BCE serre la vis des prix et... de la croissance
La Banque centrale européenne a relevé ses prévisions d'inflation, tout en révisant à la baisse ses objectifs de croissance pour 2026 et 2027