La hausse de la TVA fait plier l'économie japonaise

La chute de la consommation a entraîné une contraction du PIB nippon de 6,8% au deuxième trimestre, effaçant ainsi la hausse de 6,1% au premier
Patrick Aussannaire
glcof6q1-630220jap.jpg

La hausse de la TVA au Japon, début avril, a bien eu l’effet négatif escompté sur l’activité du pays. Le PIB a chuté de 1,7% au deuxième trimestre et de 6,8% en rythme annualisé, effaçant ainsi la hausse de 6,1% enregistrée sur les trois premiers mois de l’année. Un revers certes en ligne avec le consensus, mais masquant une chute de la consommation réelle de 5,2%, alors que la hausse sur les trois mois précédant le relèvement de TVA n’a été que de 2,1%. Ce secteur, qui représente à lui seul environ 62% du PIB nippon, a ainsi coûté à lui seul 3,2 points de croissance.

«La fluctuation plus importante que prévu du taux de croissance est probablement due à un impact plus fort qu’initialement anticipé de la hausse de la TVA sur l’investissement privé», ajoute SG CIB. Les premières estimations tablaient sur une croissance de 4% au premier trimestre et une contraction identique au deuxième. Si l’investissement non résidentiel n’a corrigé que de 2,5%, l’investissement résidentiel a chuté de 10,3%.

En outre, la contribution positive de 1 point apportée par le commerce extérieur à la croissance est due à une chute des importations de 5,6%, alors que les exportations ont reculé de 0,4%. La BoJ a reconnu la semaine dernière que «les exportations ont montré des signes de faiblesse». Sur le trimestre dernier, le yen s’est apprécié de 2,3% contre dollar et 2,5% contre euro, malgré le maintien du rythme de ses rachats d’actifs.

L’autorité a révisé une nouvelle fois à la baisse sa prévision de croissance à 1% sur l’année 2014, se rapprochant ainsi de celle du consensus de 0,9%. «Si le budget additionnel de 5.500 milliards de yens devait se propager à l’activité au troisième trimestre, il est peu probable qu’il suffise à compenser la hausse de TVA», estime Natixis qui prévoit ainsi un nouvel assouplissement de la BoJ dès le 31 octobre après la publication de l’enquête Tankan qui devrait traduire une croissance plus faible que prévu.

Coté inflation, si le déflateur de PIB s’est envolé à 2% après une contraction de 0,1% au premier trimestre, SG CIB estime que 1,4 point est lié aux effets directs de la hausse de TVA. En outre, la croissance des salaires de 1,3% reste inférieure à celle des prix, ce qui indique une contraction des salaires réels. ING estime d’ailleurs que la prévision de la BoJ d’une inflation passant de 1,4% à 1% durant l’été avant un retour vers son objectif de 2% en 2015 ne sera pas tenue.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...