La Grèce veut rapidement lever la lumière sur la participation du secteur privé
La Grèce n’a pas fait que rendre obligatoire le taux de participation de 90% du secteur privé à la transaction d’échange de sa dette. Le pays a fixé comme échéance aux banques européennes le 9 septembre et envisagerait d’inclure la dette arrivant à échéance jusqu’en 2024. C’est ce que révèle, selon Reuters, une lettre confidentielle adressée aux créanciers.
En détail, 90% de l’encours des lignes obligataires éligibles (80 lignes de maturité allant de septembre 2011 à juillet 2020) représenteraient 192,6 milliards d’euros, selon BNP Paribas. Déduction faite des titres aux mains de la BCE, l’opération serait de 133,6 milliards, selon Barclays. Tandis que les 4 options d’échange prévoient une perte de 21%, Tullett Prebon estime le montant du «haircut» à 16,8 milliards sur les 80 milliards de dettes souveraines détenues seulement par les banques et les fonds de pension grecs.
D’après BNP Paribas, avant échange, l’option 1 (dette à 30 ans au pair) semble plus attractive que l’option 3 (dette à 30 ans avec décote) vu que cette dernière implique une décote de 20%, même si le profil de risque est le même après échange. D’après Barclays, en utilisant les obligations zéro coupon à 30 ans de 3,14% comme facteur d’escompte, la projection de coupon pour l’option 1 est de 3,33 %, contre 5,34 % pour l’option 3. «Dans l’option 1, le coupon pour les cinq premières années, si l’opération avait été faite le 21 juillet, aurait été de 4%, souligne SG CIB. Au niveau de marché actuel (la chute des taux «AAA» à 30 ans a poussé la valeur des «zéro coupon» à des niveaux plus élevés), le premier coupon doit baisser à 3,4% pour que la perte en valeur nette actualisée soit toujours de 21%».
«L’option 2 [reconduction ou avance en cash] est appropriée pour les investisseurs qui ne souhaitent pas cristalliser leurs pertes aujourd’hui», indique BNP Paribas qui ajoute qu’elle est la moins pertinente en termes de valeur nette actualisée et de risque crédit.
Aux yeux de Barclays, l’option 3 bénéficierait d’un environnement de rendement grec bas post-échange. BNP Paribas précise qu’un contexte de nette contraction du risque de crédit optimiserait cette option. La banque note que l’option 1 paraît moins risquée que l’option 4 (dette à 17 ans amortissable avec décote) en cas de prime de risque accrue. Cette dernière convient à ceux qui cherchent des maturités plus courtes et des coupons élevés (5,9 % dans le cas d’un échange au 21 juillet).
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